La Mirabelle Rouge

Algérie: Cheminots algérois en grève illimitée

EL WATAN.com le 07.03.2011 (journal algérien)

 

Les cheminots du dépôt d’Alger ont entamé, hier, une énième grève illimitée. Ce nouveau mouvement de protestation fait écho à celui du mois de mai 2010.

 

Les cheminots accusent leur direction de ne pas avoir appliqué le protocole d’accord, qui avait mis un terme à la contestation. Et ce sont, encore une fois, les usagers qui font les frais de ces désaccords entre la direction de la Société nationale de transports ferroviaires (SNTF) et ses employés. «La paralysie était totale, puisqu’aucun train n’a circulé aujourd’hui. La grève générale a été suivie à 100%», affirme l’un des syndicalistes. «Samedi, l’activité était effectivement nulle, mais ce n’était pas de notre faute. En raison de la marche de samedi, l’entreprise a reçu la consigne de n’assurer aucune desserte», expliquent les cheminots. Les revendications des grévistes restent ainsi inchangées, puisqu’ils demandent l’application des mesures décidées à la signature du protocole d’accord. «Les plus importantes restant la révision du régime indemnitaire, qui implique une revalorisation salariale conséquente, ainsi que la révision de l’octroi des grades, l’amélioration des conditions de travail ou encore l’augmentation de certaines primes», expliquent les grévistes.

Une plate-forme de revendications a été remise par les employés à leur direction il y a deux semaines, et qui menaçaient de recourir à une grève si des mesures concrètes n’étaient pas engagées. «Nous leur avons donné comme délai la soirée de samedi. Mais ils n’ont rien fait afin de l’empêcher», déplorent les syndicalistes qui ajoutent : «Nous ne demandons que la concrétisation des promesses faites l’année dernière.» Ce que dément la SNTF. «Le protocole d’accord signé a été parfaitement respecté et appliqué», affirme Noureddine Dakhli, directeur des ressources humaines au sein de la SNTF.


«Service minimum assuré par l’entreprise»


«Les revendications portent sur deux aspects : la révision de l’évolution de carrière ainsi que la revalorisation des salaires. Toutefois, ceci doit être décidé dans le cadre de la convention collective, qui doit être revue courant 2011. Mais ils ne veulent pas patienter», explique M. Dakhli. «Ce sont les conducteurs de locomotive d’Alger qui ont enclenché ce mouvement, et ce, sans respecter les canaux réglementaires. Cette grève est de ce fait illégale puisqu’il n’y a pas eu de préavis», explique Noureddine Dakhli. Celui-ci affirme toutefois qu’un «service minimum» a été assuré par l’administration de l’entreprise et le personnel encadrant.

«Les grandes lignes, d’Alger vers Oran ou Constantine, ont circulé comme à l’accoutumée», énumère M. Dakhli. Les dessertes ayant pâti de ce mouvement sont, selon les chiffres avancés par la SNTF, les trains régionaux ainsi que les trains de banlieue.
Le taux de circulation était, respectivement, de 75% et de 50%. «Nous sommes en continuelles négociations avec les grévistes et nous espérons mettre un terme à cet arrêt au plus vite. Dans le cas contraire, nous continuerons à assurer la circulation du maximum de trains, et ce dans la mesure du possible», rassure le DRH.               
 
 Ghania Lassal

 

Les cheminots ont laissé exploser leur colère. Dimanche, ils ont décidé de paralyser le trafic ferroviaire entre les banlieues est/ouest et la capitale. Et pour cause, au dépôt d'Alger, des cheminots ont enclenché un mouvement de grève pour protester contre leurs "conditions de travail déplorables" et "leurs salaires misérables". 

"Après 25 ans de services, nos salaires de base ne dépassent pas encore les 18.000 DA. Nos primes de risques avoisinent à peine les 500 DA alors que notre travail nous expose à de nombreux dangers. Nous vivons depuis des années une clochardisation de notre profession", dénoncent ainsi des cheminots grévistes contactés par elwatan.com 
Nos interlocuteurs qui ont lancé un ultimatum à la direction générale de la SNTF menancent les pouvoirs publics de radicaliser leur mouvement si leurs revendications ne sont pas prises en charge. "Nous réclamons des augmentations de salaires conséquentes. Nous sommes parmi les travailleurs les moins bien rémunérés en Algérie. Et pourtant, nous avons consenti à de nombreux sacrifices pour ce pays. Au moment où le terrorisme ravageait l'Algérie, seuls les cheminots ont bravé la menace, au détriment de leur vie, pour assurer le transport des Algériens", s'écrient encore des tractionnaires, des conducteurs de trains, du dépôt d'Alger. 
Ces derniers affirment, par ailleurs, que près de 90 trains ont été annulés dimanche matin, paralysant ainsi l'ensemble du trafic ferroviaire à Alger et ses banlieues. 
Contacté par elwatan.com, le directeur des Ressources Humaines à la direction générale de la SNTF, Nourredine Dakhli, a, pour sa part, reconnu qu'au moins la moitié des trains n'ont pu quitter les quais dimanche matin. Cependant, il a précisé que ce nouveau débrayage ne respecte pas "le cadre réglementaire". 
"Des canaux de communication existent entre l'entreprise et les travailleurs. Nous avons installé les comités locaux paritaires où nous recevons les revendications des travailleurs pour veiller à les prendre en charge. Nous avons à maintes reprises fait des propositions pour améliorer les conditions de travail. La SNTF a fourni beaucoup d'efforts pour améliorer les salaires et le cadre du travail de ces employés", révélé à elwatan.com, Nourredine Dakhli. 
Par ailleurs, selon notre interlocuteur, des augmentations de salaires ont été accordées en 2009 et 2010. "Ces augmentations ont frôlé les 57 % pour certains cheminots", explique le directeur des Ressources humaines de la SNTF qui certifie que les cheminots ne sont plus aussi mal payés qu'auparavant. 
Mais ce constat rassurant, les cheminots du dépôt d'Alger, ne le partagent nullement. Et pour l'heure, ils entendent maintenir leur débrayage. 
Abderrahmane Semmar ( le 07.03.2011)


07/03/2011
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