La Mirabelle Rouge

Appel à la grève dans les raffineries Total

Total : appel à la grève dans les raffineries

Une intersyndicale invite les salariés des raffineries françaises du groupe pétrolier à cesser le travail à partir du 17 février, en solidarité avec les salariés de Dunkerque, menacés de perdre leur emploi.

Dunkerque, suite. Lundi, Total annonçait qu'il reportait de six mois sa décision sur une éventuelle fermeture de sa raffinerie de Dunkerque, où les salariés en grève depuis le 12 janvier ont menacé de «prendre possession des lieux» si la direction ne redémarrait pas la raffinerie avant le 15 février. Ce site emploie 370 salariés directs et 400 à 450 sous-traitants.

Ce vendredi, une intersyndicale CGT-CFDT-Sud-FO a appelé les salariés des raffineries françaises du groupe Total à cesser le travail à partir du 17 février pour défendre l'emploi et les investissements : «Cet appel vise à soutenir les salariés de Dunkerque et à interpeller la direction générale sur l'avenir du raffinage en France qui passe par des investissements.» «Nous appelons aux blocages des expéditions dans les cinq raffineries en activité», a déclaré Philippe Wullens, délégué Sud.

Total possède six des douze raffineries françaises: Dunkerque, Gonfreville, Donges, Grandpuits, Feyzin et Provence.

Total explique que l'arrêt du site de Dunkerque depuis septembre 2009 a été décidé pour faire face à une «baisse structurelle et durable de la consommation de produits pétroliers». «Les évolutions attendues du marché ne permettent pas d'envisager aujourd'hui une amélioration de la situation», selon le groupe pétrolier qui s'est engagé «à garantir à chaque collaborateur un emploi chez Total».

Jeudi, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, a qualifié la situation dans le raffinage de «critique». Selon lui, il faudrait fermer 10 à 15% des 114 raffineries en Europe pour rétablir l'équilibre avec la demande.

En France, la consommation de produits pétroliers a reculé de 2,8% en 2009 et de 8,9% en dix ans, selon l'Ufip.

Mais pour Charles Foulard (CGT), «certes la consommation baisse en Europe et aux Etats-Unis, qui étaient notre marché pour nos excédents, mais il y a aussi des choix d'investir dans les zones de croissance et de préparer la France à importer davantage de produits raffinés, notamment via le port de Marseille». Dans ce contexte, la CGT «demande une table ronde sur le raffinage français, car la situation est extrêmement grave».



06/02/2010
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