La Mirabelle Rouge

ArcelorMittal: coup de froid sur les hauts fourneaux

Pas de relance des hauts fourneaux

ArcelorMittal, en raison de résultats mitigés dans les aciers plats carbone Europe, n’envisage pas de relancer les hauts fourneaux lorrains en veille.

photo personnelle- gandrange 2008

 

 

Nous faisons tourner seize hauts fourneaux sur vingt-cinq en Europe. Pour le moment, le marché ne s’est pas complètement redressé, les niveaux d’expéditions d’acier sont bien meilleurs qu’au quatrième trimestre 2011, mais nous sommes encore loin des volumes de 2006, 2007 et 2008 », a déclaré hier Aditya Mittal, directeur financier et des plats carbone Europe, en commentant les résultats du géant mondial de l’acier. En clair, la direction ne prévoit pas de relancer des hauts fourneaux qu’elle a mis en veille sur le vieux continent, dont ceux de Florange-Hayange en Lorraine. Ce que confirme Hervé Bourrier, PDG d’ArcelorMittal France : « Les résultats sont en retrait en Europe. C’est lié à la conjoncture, à la confiance qui n’est pas là. Pour 2012, on prévoit un marché stable voire en légère récession. Pour ce qui est de Florange, la décision de redémarrer un haut fourneau sera prise avant la fin du mois. Mais ça n’obère pas le projet Ulcos, qui poursuit son chemin. »

De fait, ArcelorMittal enregistre un recul de son résultat opérationnel (Ebitda) des plats carbones en Europe, ce qui inquiète Xavier Lecoq (CFE/CGC) : « C’est un mauvais signe pour le redémarrage de phase à chaud de Florange. 2012 risque d’être une année difficile. » Et pour Jacques Laplanche, représentant du personnel CGT du comité européen, « Florange pourrait voir s’éloigner Ulcos ». Surtout que la direction continue d’investir dans la logistique pour améliorer le flux de brames venant de Dunkerque, comme l’a dénoncé Yves Fabbri (CGT) lors du comité d’entreprise, lundi à Florange.

Les mines mieux que l’acier

ArcelorMittal a néanmoins dégagé un résultat net de 2,3 milliards de dollars en 2011, avec des expéditions d’acier stables autour de 85 Mt. Un résultat porté essentiellement par la croissance des activités minières dans lesquelles Mittal compte poursuivre ses investissements en 2012. « Les mines sont une activité plus juteuse que l’acier. On peut se demander si Mittal n’accorde pas plus de valeur aux mines qu’à la sidérurgie. Il facture son minerai au prix fort, celui du marché de ses usines sidérurgiques », constate Edouard Martin (CFDT). L’inquiétude est également latente dans les produits longs, notamment au Luxembourg, où le sort des unités de Schifflange et Rodange sera sans doute scellé en mars. « Avec, en compensation, un gros investissement sur l’unité performante de palplanches de Belval », estime Edouard Martin. Investissement qui serait de l’ordre de 250 M€.

En attendant, Gandrange parvient à tirer son épingle du jeu en obtenant, juste avant l’annonce de baisse des budgets en fin d’année 2011, un investissement de plus de 7 M€, qui doit permettre de rentabiliser son laminoir à barres et à couronnes en lui faisant gagner 50 € à la tonne. Gandrange existe encore.

Bernard KRATZ. 



08/02/2012
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