La Mirabelle Rouge

ArcelorMittal : mauvais tour de pseudo négociation

(article du RL)

 

Il est à peine 13h, la délégation de l’intersyndicale quitte la sous-préfecture de Thionville. Les visages fermés. La négociation n’a pas abouti. Maurizio Nicotra de la CGT dénonce « une attitude malhonnête de la direction qui ne donne aucune garantie d’avenir. On sent que quelque chose se prépare, et l’État essaye d’arrondir les angles. C’est un zéro pointé pour la direction. »

Tout ça pour ça. Jeudi après-midi, les représentants syndicaux avaient déjà passé plus de quatre heures dans les locaux de la préfecture, avant de demander le temps d’analyser le protocole proposé par la direction, jugé « trop vague ».

« Le texte stipule que le groupe ArcelorMittal confirme son engagement d’investir 17M€ afin de conforter le site de Florange et de préserver ses capacités en amont et aval. Pour nous, analyse François Pagano de la CFE-CGC, cela signifiait pas d’arrêt jusqu’en 2013.»

Mais en réalité, la direction a laissé entendre qu’elle se gardait le droit d’une annonce de fermeture définitive même durant la garantie du protocole. «C’est vraiment très grave », juge le délégué CFE-CGC.

Les hommes sont fatigués

Dans les faits, ce protocole reprend les annonces du président de la République. « C’est une contractualisation des engagements d’ArcelorMittal», a confirmé le sous-préfet François Marzorati. Le préfet s’engage à ce que ces points figurent dans la prochaine convention d’activité partielle de longue durée (APLD). »

Dans ces garanties, les représentants des salariés ne voient aucune promesse d’avenir. « Le haut fourneau de Dunkerque va être en arrêt pendant trois mois, on a demandé à ce que le P6 prenne le relais. Même pas ça, on a obtenu ». Déçus, dégoûtés, en colère, les syndicalistes d’ArcelorMittal expriment leurs sentiments à qui veut l’entendre. Hier matin, ils ont eu vent que le packaging serait déplacé à Liège. ? « Cela représente 800 000 tonnes de production et 600 personnes », pestent les sidérurgistes. La désillusion est palpable. « Nous, ce qu’on veut c’est sauver notre outil de travail, sauver notre emploi. » Les hommes sont fatigués.

À 13h, comme promis, ils ont levé les blocages du portier Sainte-Agathe. Dans le même temps, la direction appelait déjà « à reprendre un dialogue social serein et constructif dans les plus brefs délais ». Lundi matin, un comité d'entreprise extraordinaire est prévu à 8h30 aux grands bureaux. Ensuite, les organisations syndicales retrouveront Guy Bedos qui viendra leur apporter quelques mots de soutien.

À 17h, une assemblée générale est programmée à la Passerelle. L’heure de compter les troupes prêtes à poursuivre le combat.

Anne RIMLINGER-PIGNON. (RL le 10.03.2012)

 

 



La Confédération des travailleurs frontaliers de Lorraine et la Fédération régionale des mineurs de Fer CGT ont créé le 12 janvier un comité de résistance à Audun-le-Tiche, « pour le retrait des plans d’austérité pris par le gouvernement sur ordre de la troïka (FMI, Banque centrale européenne, Union européenne) ». Le 23 février, le comité de résistance a tenu sa première réunion à Sarreguemines. 17 militants de différentes organisations du mouvement ouvrier étaient présents.

 

 

Le comité a condamné avec force le vote du 21 février à l’Assemblée nationale, autorisant la ratification d’un nouveau traité européen, le MES (mécanisme européen de stabilité). « C’est un déni de démocratie. Une nouvelle forfaiture qui a été votée et viole à nouveau grossièrement le non de mai 2005, par lequel le peuple français avait refusé la constitution de l’Europe supranationale et libérale. Il faut savoir que le MES est totalement imbriqué dans un autre traité, celui sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union européenne », qui devra être ratifié en France, après les élections présidentielle et législatives. « Ces traités graveront dans le marbre la rigueur perpétuelle dont la finalité sera le massacre de toutes nos conquêtes sociales, ouvrières. » Le Comité regrette et condamne la position des sénateurs PS qui, dans une quasi-majorité, se sont abstenus le 28 février 2012.

 

Le comité souhaite qu’une discussion s’ouvre pour « imposer le maintien de la sidérurgie en Lorraine », et « imposer au gouvernement la réquisition par l’État de Mittal-Florange pour assurer le redémarrage des hauts fourneaux et garantir le maintien de tous les emplois sur place. »

 

Confédération

 

des travailleurs frontaliers de Lorraine (03 87 95 53 41) ; fédération régionale des mineurs de fer CGT (03 82 21 90 34).

 

 

 



10/03/2012
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