La Mirabelle Rouge

CFDT vue par elle-même ...une capitualtion avant la lutte !

Un jeudi de tensions et d'émotions, et la retraite en question

 

Tout à coup, jeudi un peu avant 10 h, un tonnerre d'applaudissements éclate dans l'auditorium François 1er : c'est le salut des congressistes à l'arrivée de Bernard Thibault, qui vient s'asseoir à côté de François Chérèque. Gabrielle Simon, secrétaire générale adjointe de la CFTC est déjà là. Mais bien vite, les travaux reprennent. Précédemment, était examiné le financement de la dépendance, le syndicat Finances Paca-Corse proposant de l'élargir aux successions et donations. Il rappelle que le patrimoine est lui aussi facteur d'inégalité, les retraités aisés pouvant relativement facilement s'assurer contre le risque de la perte d'autonomie, alors que les familles les plus modestes ont toutes les peines de monde à faire face aux dépenses qui leur incombent. Aucun syndicat ne souhaitant contrer cet amendement, il est plus que largement adopté (79,3 %).
En revanche, l'amendement suivant, du syndicat des Personnels civils et Établissements de la Défense en Finistère s'oppose à la mise en place d'espaces, de lieux de paroles permettant aux salariés de s'exprimer et de débattre sur leur lieu de travail, craignant que cela soit impossible dans les très petites entreprises (TPE). L'Agroalimentaire de l'Orne réplique qu'il y a toujours quelque chose à apprendre à écouter les salariés, et Jean-Louis Malys, le rapporteur, que les salariés sont les mieux placés pour parler de leur travail et de son organisation. L'amendement est largement rejeté (87 % de contre).
Le débat suivant était plus délicat : faut-il « faire converger les droits des salariés les plus stables et ceux des travailleurs les plus précaires », comme le proposait la résolution, ou « amener » ceux des plus précaires « au niveau des droits » des plus stables, comme le souhaite le Syndicat des personnels de l'Énergie de Marcoule ? L'enjeu concerne directement les salariés des entreprises prestataires qui travaillent sur un même site. Le syndicat francilien de la Prévention-Sécurité eut beau souligner que cela paraissait irréaliste, et Marcel Grignard, le rapporteur, qu'il fallait adapter droits et protections au plus près des réalités de ces salariés – outre qu'ils pouvaient travailler dans des entreprises aux conventions collectives différentes – l'amendement fut adopté à 59 %.

Les débats se poursuivirent sans grande surprise, jusqu'à l'intervention de Guy Ryder, le secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), qui annonça avec humour et émotion qu'il allait partir au prochain congrès de l'organisation syndicale internationale le 21 juin prochain. Il tint à souligner les excellents rapports tissés entre la CSI et la CFDT, et François Chérèque, visiblement ému, lui remit un cadeau de la part de tous les congressistes.

C'est l'après-midi que vint en débat l'amendement que tout le monde attendait : faut-il « fixer les conditions de l'augmentation de la durée de cotisation » pour les retraites ? Le sujet est, on le sait, plus que sensible. Interco Seine-Maritime refuse d'envisager toute éventualité de ce type et veut supprimer l'article dans sa globalité, tandis que les Métaux de Saint-Nazaire, tout en se disant intransigeant sur le départ à 60 ans, estime qu'une réforme globale dans le sens d'une plus grande équité peut aborder cette question dans le cadre d'un allongement de l'espérance de vie. « Ce débat est un moment fort de notre congrès », affirme sans craindre d'être contredit le rapporteur Jean-Louis Malys, tant la tension est palpable à ce moment. De la réponse à cette question, énonce-t-il avec force, de « notre capacité à faire des propositions », à poser les « conditions d'une réforme alternative » incluant ce paramètre dépendra la possibilité de la CFDT de repasser « à l'offensive » contre « une réforme injuste et bâclée ».
Vint le moment tant attendu du vote, dont le résultat est accueilli par de longs applaudissements : l'amendement est rejeté à 58,9 %. La CFDT montre ainsi sa cohérence et sa cohésion. La journée n'était pas finie, mais le plus dur était fait.

Gilbert Spiegel  de la CFDT

Compte - rendu CFDT de  la journée du congrès de  jeudi 10 juin qui entérine l'acceptation du recul de l'âge de la retraite par la CFDT.



10/06/2010
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