La Mirabelle Rouge

Des salons du Fouquet's à la présidence du G20

 

 

A la manière d'un Sarkozy, ils parlent haut et fort dans les colloques et les rencontres internationales pour impressionner les opinions publiques. La réunion du G20 à Séoul ne fait pas exception à la règle quand il s'agit d'agiter le verbe vis-à-vis des mécanismes financiers internationaux. Ils prétendent tous intervenir au nom des  Etats pour adopter des dispositions coordonnées contre le « désordre monétaire ». C'est pourtant les Etats eux-mêmes qui se sont désengagés de cette sphère pour favoriser les généreuses libéralisations permettant aux marchés financiers de prendre des allures de jungle primitive. Les chefs d'Etat et de gouvernements se prétendent indisposés par les jeux malsains de la finance mondiale et annoncent sans cesse des mesures de régulation. L'annonce est claironnée, le contenu timide et l'application réduite à néant par des textes sans contraintes. C'est le cas avec la directive européenne élaborée à l'issu du G20 de Londres en avril 2009. Celle-ci devait mieux encadrer les pratiques des fonds spéculatifs (Hedge Fonds) Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter pour les profits de ces officines. Mais le lobbying des dirigeants des fonds, les effets de concurrence des principaux dirigeants européens, les pressions du Trésor américain ont même réussi à faire capoter ne serait ce que l'ombre d'une contrainte. Le Parlement européen a adopté une directive, dont un spécialiste des fonds spéculatifs analyse la portée dans ces termes : «  …elle n'a au final que très peu de valeur ajoutée en matière de gestion des risques…..et laisse d'importantes marges d'interprétation aux régulateurs nationaux. Ils n'y a pas d'harmonisation et un risque non négligeable de « dumping » réglementaire intracommunautaire. En définitive, « on abouti à une directive politique qui a fait l'objet de multiples concessions et aménagements diplomatiques ». Il ne sortira rien d'autre de la nouvelle rencontre de Séoul. Car  que pourrions-nous espérer  des grandes puissances  qui dirigent les affaires du monde? Leurs dirigeants sont rattachés par de multiples liens à la finance et aux firmes qui dominent toute la sphère économique et sociale. Ils ne représentent pas les peuples mais se nourrissent mutuellement sur le dos des populations pauvres et des millions de salariés sous leur dépendance. Le fait que ce soit maintenant pour un an « le type du Fouquets » qui assure la présidence du G20 ne va bien entendu rien changer aux choses. Ce n'est que  « Le Président des riches »  pour reprendre le titre d'un ouvrage de deux sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui va  présider le petit monde des riches.

 

Jean-Luc le 12.11.2010



12/11/2010
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