La Mirabelle Rouge

Egerland- Forbach: reprise du travail mais loin du compte !

 

80 salariés d’Egerland-France ont démarré une grève le 17 janvier. Dans l’espoir d’obtenir une hausse de salaire de 70 € net par mois. Hier, ils ont stoppé leur mouvement bien que n’obtenant pas entière satisfaction.

 

L’entrée de l’entreprise Egerland-France était bloquée depuis une semaine. Cette entreprise appartenant au groupe STVA, filière du groupe SNCF Géodis, est implantée sur l’ancienne cokerie de Marienau et faisait l’objet d’une grève suivie par 70 % du personnel, soit 80 salariés. Ces derniers revendiquaient une augmentation de salaire de 70 € net par mois ainsi que le paiement d’un 13 e mois. Un mouvement de protestation résultant d’un désaccord avec la direction sur les revendications salariales.

Les grévistes ont tenu le coup une semaine, se relayant jour et nuit devant l’accès à l’entreprise. Les délégués syndicaux Jean-Claude Denig (CFDT transport), Louis Merlo (CGT) et Stéphane Gross (CFTC) ont rencontré plusieurs fois le gérant d’Egerland, Jean-Robert Maëtz, pour négocier. «  En vain. Il y eut quelques avancées en fin de semaine, mais pas de quoi arrêter le mouvement, » a confié hier en fin de matinée Jean-Claude Denig

Des sentiments mitigés

Les négociations ont repris hier à 11h. « Le gérant a fait des propositions, nous demandant d’y réfléchir avant de se revoir en début d’après-midi, » a commenté le délégué syndical CFDT Transport. D’ultimes discussions se sont engagées entre grévistes pour décider d’un commun accord de la suite à donner au conflit : accepter les propositions de la direction.

Vers 14 h 30, Jean-Claude Denig a annoncé la fin du mouvement aux grévistes transis de froid, rassemblés devant le portail. Avec des sentiments mitigés, il a lu l’accord signé avec la direction. « L es salaires seront augmentés de 1,6 % alors qu’on réclamait 7 %. On est loin du compte… mais on a obtenu des compensations. »

Puis il a énuméré «  la prise en charge à 90 % de la cotisation mutuelle pour les ouvriers et employés, la création d’une prime qualité collective, (dans ce cas l’employeur reversera 2/3 des économies redistribuées). La prime de présence annuelle devient à présent mensuelle. C’est bien mieux pour nous. Autre avancée : la reprise de la subrogation de sécurité sociale. stipulant qu’en cas de maladie, il y a maintien du salaire pendant les six premières semaines. Subrogation que la direction avait supprimé fin 2009. »

Jean-Claude Denig a encore déclaré «  dès juin, il y aura ouverture de discussions sur la mise en place d’un accord d’intéressement des salaires aux résultats de l’entreprise. »

Penser aux bas salaires

Les grévistes sont évidemment déçus de ne pas avoir obtenu entière satisfaction. Mais durcir le mouvement, aurait eu de lourdes conséquences.

«  On a pensé avant tout à ceux qui touchent des bas salaire s » ont reconnu Louis Merlo et Jean-Claude Denig.

«  On ne pouvait les enliser davantage, arriver en fin de mois avec une perte de plus d’un quart du salaire, ce qui est déjà énorme. On a obtenu la ventilation des jours de grève, trois seront retirés du salaire de janvier, et autant en février. »

Et ces délégués syndicaux de reconnaître «  on a pensé à notre entreprise, les conséquences de la grève sur les contrats en cours avec les clients, Ford, VAG-France, Opel, Peugeot PSA etc . »

Contacté, le gérant d’Egerland Forbach n’a toujours pas souhaité s’exprimer sur ce conflit.

 

E. K.

Publié dans le Républicain Lorrain le 25/01/2011

 

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Déclaration de la CGT de Moselle.

 

 

 

EGERLAND : le conflit est fini, la lutte paye !

 

Après 8 jours de grève, la direction a signé un protocole d’accord le lundi 24 janvier 2011 avec les syndicats CGT, CFDT,CFTC.

Principaux points :

  • Les salaires sont revalorisés de 1,6%
  • Prise en charge par l’entreprise de 90% de la cotisation « Mutuelle »
  • Mise en place du maintien de salaire par subrogation en cas d’absences pour maladie ou accident du travail durant les 42 premiers jours d’arrêt
  • Le contingent d’heures supplémentaires est porté à 220 heures/an
  • Mise en place d’un accord d’intéressement
  • Elargissement de la prime de qualité à l’ensemble du personnel
  • Calcul au mois de la prime de présence sur la base de 25 euros
  • Attribution de la prime de contrôle à tout agent utilisant le jet haute pression ou chargé du calage des véhicules sur les trains
  • Attribution d’une prime de polyvalence aux agents de l’atelier intervenant sur le parc et inversement

La section syndicale CGT s’est renforcée durant ce conflit. Elle se réunira prochainement pour fêter ce résultat et désigner les candidat(e)s à la mise en place des délégués du personnel et du comité d'entreprise en mars 2011

Merci à tous pour l’aide morale et matérielle apportée lors de ce mouvement par les militants et syndiqués CGT des entreprises du secteur et en particulier les militants CGT de la régie de transport (ex-Forbus) qui ont mis leur camionnette à disposition pour transporter les tentes du collectif des unions locales CGT et acheminer les palettes nécessaires au braséro.

Tous ensemble et déterminés à gagner !

 

le 25.01.2011

 

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Egerland : poursuite de la grève sur la plateforme automobile de stockage  à Forbach.

Photo RL

La grève se poursuit chez Egerland France. Le mouvement social a débuté lundi matin à la plateforme automobile de stockage (RL du 18 janvier), située sur le site de l’ancienne cokerie de Marienau. Une partie des salariés est en grève, et bloque l’entrée et la sortie des camions voulant décharger ou emmener les voitures stockées sur la plateforme. «  Mais les véhicules à l’unité peuvent sortir », insistent les grévistes.

Les délégués de l’intersyndicale CFDT, CGT et CFTC ont rencontré à plusieurs reprises le gérant d’Egerland France, filiale du groupe STVA, pour faire aboutir les revendications des salariés. Ils réclament notamment une augmentation de salaire de 70 € net et un treizième mois.

Lundi, les négociations avec la direction n’ont pas abouti. Hier, les grévistes ont donc reconduit leur piquet de grève devant l’entreprise pendant que leurs délégués syndicaux repartaient négocier avec le gérant.

«  Nous attendons ses propositions, annonçait dans l’après-midi le délégué CFDT, suspendu à son téléphone, la direction veut chiffrer le coût des augmentations salariales. Le gérant doit nous rappeler ce soir (NDLR : hier) ou demain matin. »

Les grévistes, déterminés, se disent prêts à poursuivre leur mouvement jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications.

Les salariés d’Egerland ont été soutenus durant ces deux derniers jours par des syndicalistes extérieurs, notamment la CGT de la régie de transports de Forbach.

 

Républicain Lorrain 19.01.2011

 

 

Egerland : une bataille pour gagner 70 € de plus


Photo RL

 

 

Les salariés de l’entreprise Egerland France, installée sur l’ancienne cokerie de Marienau, sont en grève depuis hier matin. Les grévistes réclament une augmentation de salaire de 70 € net par mois. La direction refuse.

 

Piquet de grève hier matin devant l’entreprise Egerland France, filiale du groupe STVA. Des salariés de cette plateforme automobile de stockage, installée depuis 1997 sur le site de l’ancienne cokerie de Marienau, bloquent l’accès aux camions. Motif de ce mouvement social : un désaccord avec la direction sur des revendications salariales.

 

« Nous réclamons une augmentation de salaire de 70 euros net par mois pour tous. La direction refuse et nous propose 1,4 % de hausse. C’est indécent », protestent les délégués de l’intersyndicale CGT, CFTC et CFDT. Outre cette augmentation de salaire, les employés d’Egerland revendiquent la révision de la prime de présence et le paiement d’un 13e mois à l’ensemble du personnel.

 

Débrayages la semaine dernière

Le conflit couve depuis plusieurs semaines sur la plateforme. «  Les négociations salariales ont débuté fin novembre. La semaine dernière, nous avons déjà débrayé pendant 55 minutes chaque jour pour protester », indiquent Jean-Claude Denig, délégué CFDT, Luigi Merlo (CGT) et Stéphane Gross (CFTC). Vendredi, une nouvelle réunion avec la direction n’a pas satisfait les exigences des salariés. Ceux-ci ont donc décidé de durcir le mouvement. Et d’arrêter le travail.

 

« Sur 115 salariés que compte l’entreprise, 45 sont déjà en grève ce matin (NDLR : hier) », expliquent les délégués de l’intersyndicale, prêts à tenir tête au gérant Jean-Robert Maëtz. «  Pas question de lâcher sur l’augmentation de salaire. C’est primordial », insiste le représentant CGT, jugeant la proposition de la direction totalement inacceptable : « 1,4 % de hausse, c’est moins que l’inflation qui est à 1,6 ! » l

 

Le gérant reste sur ses positions

 

Les grévistes ne croient pas au discours de la direction leur affirmant que l’entreprise serait déficitaire de 400 000 euros. «  C’est toujours le même langage. Depuis des années, on nous raconte la même chose pour ne pas nous augmenter », fustige un salarié. Se sentant «  abusé » il demande des preuves du déficit : «  En pleine crise de l’automobile, nous étions un des seuls parcs automobiles à travailler à fond, la direction avait même recruté trente intérimaires. »

 

Le blocage continue ce mardi

Hier, à deux reprises, l’intersyndicale a repris les négociations avec le gérant. En vain. «  Il est resté sur sa position », déploraient dans la soirée les délégués, bien déterminés à poursuivre le blocage.

 

Plus aucun camion ne rentre ou ne sort de l’entreprise.

 

«  Par contre, les clients voulant venir chercher leur marchandise peuvent passer. » En début d’après-midi, la sous-préfète Sylvie Houspic a reçu les représentants des grévistes et a recueilli leurs revendications. Contacté, le gérant d’Egerland, «  très occupé par les négociations », n’a pas souhaité communiquer.

 

Hier soir, un groupe de grévistes s’apprêtait à passer la nuit dehors pour faire blocus. Ce mardi, le mouvement est reconduit.

 

Josette BRIOT (Républicain Lorrain 18.01.2011)

 

 

 

Chauffeurs ou employés stationnés à l’atelier de préparation des automobiles, les grévistes de chez Egerland revendiquent tous «  plus d’argent pour assurer une vie correcte à nos familles. »

Comme ce préparateur de voitures, qui après dix ans de présence dans l’entreprise, touche 1 250 euros net par mois. «  J’ai 420 euros de loyer, 200 euros de pension alimentaire, la moitié de ma paie part et je n’ai encore rien fait. »

Un de ses collègues avoue lui aussi des fins de mois difficiles, avec un salaire net de 1 040 euros. «  Je ne peux même pas souscrire un crédit pour une nouvelle voiture. On touche le salaire le 28, mais le 3 c’est déjà la fin du mois… »

Un salarié, chauffeur de poids lourd depuis onze ans, s’en sort mieux grâce aux heures supplémentaires. «  Les bons mois, je peux toucher entre 1 800 et 2 000 euros net. Mais en tant que conducteur, nous pouvons travailler 55 heures par semaine. Sans les heures sup et mes indemnités repas, je gagnerais seulement entre 1 200 et 1 300 euros net par mois », confie-t-il, craignant que les heures supplémentaires deviennent rares «  s’il y a moins de travail. »

Publié le 18/01/2011 (Républicain lorrain)



19/01/2011
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