La Mirabelle Rouge

En Lorraine, le PC se débat entre PS et Front de Gauche

Régionales 2010


LE PC AU BORD DE LA CRISE DE NERFS

Les élus du groupe communiste et d’entente démocratique du conseil général de la Meurthe-et-Moselle s’opposent à la stratégie d’alliance avec les socialistes dès le 1er tour.

La crise couvait depuis plusieurs semaines. Et pour cause, la zizanie entre partisans et opposants d’une fusion avec le PS au 1er tour était inscrite dans la stratégie du bureau national. En optant pour un Front de gauche indépendant du PS, au 1er tour, tout en réservant à chaque région la possibilité d’un autre choix, les dirigeants du parti ont ouvert la boîte de Pandore. En décembre, la direction lorraine du PC s’est prononcée en faveur d’une alliance avec les socialistes dès le 1er tour. «Les communistes lorrains se sont prononcés à 64 % en faveur de cette option», rappelle Roger Tirlicien, secrétaire départemental 57.

Conseiller régional sortant, lui figure en position éligible sur la liste Masseret, tout comme Patrick Hatzig et Patrick Abate. Une alliance assimilée par beaucoup à une reddition en rase campagne. La dissidence s’organise. Non seulement Patrice Zolfo, porte-parole du PCF dans le bassin de Longwy, conduira la liste Front de gauche en Meurthe-et-Moselle, mais sa démarche est soutenue par sept conseillers généraux (PC ou apparentés) du département. Soit le Groupe communiste et d’entente démocratique, à l’exception ­ notable ­ d’Evelyne Didier, sénatrice et conseiller général de Conflans.
Les premiers justifient ainsi leur fronde : «Alors que le PCF, au niveau national, a voté à une écrasante majorité, l’option de la constitution d’un Front de gauche autonome du Parti socialiste au 1er tour, la stratégie de la direction lorraine du PCF a été rigoureusement inverse. Il s’agit à notre avis d’une erreur politique grave qui porte aujourd’hui atteinte à l’unité de la sensibilité communiste».

Emiettement

Les signataires : André Corzani (Briey), Alain Casoni (Villerupt), Serge de Carli (Mont-Saint-Martin), Michel Mariuzzo (Audun le Roman), Jean-Pierre Minella (Homécourt), Laurent Righi (Herserange) et Maurice Villaume (Bayon). S’ils se prononceront «individuellement sur leur choix» concernant le scrutin, leur véhémence à l’encontre de «la direction lorraine» du PCF ne laisse guère de doute sur leurs intentions. De quoi échauffer les oreilles de Roger Tirlicien : «Comme dans quatre autres régions, les communistes lorrains ont estimé qu’une alliance avec le PS dès le 1er tour constituait la meilleure stratégie pour battre la droite et gagner le plus d’élus».
Fustigeant, tout en l’imputant à d’autres, l’émiettement des listes à gauche, le Mosellan préfère prévenir : «En notre absence, il ne peut y avoir de liste baptisée Front de gauche», explique-t-il en brandissant la menace d’exclusion contre ceux qui braveraient l’interdit en se présentant contre des candidats officiellement investis : «Encore qu’un tel argument peut donner à penser qu’il cache une faiblesse sur la nature du débat. Aussi je préfère croire que ceux qui prendraient une telle décision en tireraient eux-mêmes les enseignements». Ferme sur les principes, Tirlicien revendique le bilan de six ans de cogestion de la Région : «Nous avons eu une action constructive au service des Lorrains et nous entendons bien la prolonger», tranche-t-il. A bon entendeur…

Xavier BROUET

( Républicain Lorrain du 04.02.2010)

 



13/02/2010
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