La Mirabelle Rouge

Grève dans la métallurgie allemande et hausse salariale

Le syndicat de la métallurgie allemande obtient une hausse salariale substantielle

 

L'accord a été arraché tard dans la nuit. Mais au petit matin, les responsables du syndicat IG Metall savouraient leur victoire : après plusieurs mouvements de grève d'avertissement et trois rounds de négociations, les 85 000 ouvriers de la métallurgie du nord-ouest de l'Allemagne verront leurs salaires revalorisés de 3,6 % à partir d'octobre. Autre victoire d'ampleur : les travailleurs intérimaires seront rémunérés au même niveau que les salariés protégés par les accords de branche. "Ca a été difficile", a déclaré Helmut Koch, chargé de la négociation avec les syndicats côté employeur, au terme de dix heures de concertation. Les 6 % d'augmentation salariale demandés par IG Metall ont été ramenés à 3,6 %.

Mais l'accord trouvé va largement dans le sens du syndicat : outre une augmentation forfaitaire de 150 euros sur leur salaire de septembre, il prévoit une hausse de rémunération des apprentis. Surtout, les travailleurs intérimaires, qui avaient servi de variable d'ajustement pendant la crise, seront rémunérés au même niveau que les autres salariés pour le même travail, jusqu'à fin 2012. Ce point était une revendication centrale des syndicats, qui craignaient le développement d'un marché du travail à deux vitesses.

"Il s'agit d'un signal fort en direction de ceux qui emploient des intérimaires", s'est félicité Olivert Burckard, chef du syndicat IG Metall dans la région de Rhénanie-du-Nord - Westphalie, où sont localisées de nombreuses industries sidérurgiques du pays.

"Profiter de la reprise"

La question de savoir si ce premier accord servira d'exemple aux autres secteurs de l'économie reste ouverte. Pour le moment il concerne les régions qui abritent les grands noms du secteur, ThyssenKrupp et Salzgitter. Il sera ensuite étendu à tout le pays, notamment à l'est, incluant les salariés d'ArcelorMittal. Ces derniers jours, près de 17 000 salariés de la sidérurgie ont participé aux grèves d'avertissement à l'appel d'IG Metall. Près de 700 ouvriers métallurgistes sont venus appuyer les revendications du syndicat à la veille des négociations. "Nous voulons plus !", affichaient les pancartes. Dans la métallurgie, le taux de syndication est très élevé. Près de 77 000 des 85 000 employés du secteur sont membres des syndicats selon les chiffres d'IG Metall.

"Nous considérons cette négociation comme la première de l'après-crise. La crise est terminée et les salariés profitent de la reprise", a estimé Oliver Burckard.

Après le choc de 2009, qui avait vu une forte baisse de la production dans le secteur, les hauts-fourneaux fonctionnent de nouveau à plein régime. Pour les autres secteurs de l'économie, qui voient aussi leur production renouer avec leurs niveaux d'avant la crise, cette victoire marque la fin de la modération salariale.

Elle devrait réveiller les ardeurs des salariés dans l'agro-alimentaire, la construction, les services, les transports et l'énergie, qui réclament depuis l'été une meilleure répartition des fruits de la reprise, après dix ans de modération salariale consentie sur l'autel de la compétitivité allemande.

 

Cécile Boutelet ( correspondance de Berlin _  Le Monde 30.09.2010)



03/10/2010
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