La Mirabelle Rouge

Le pipeau de Bachelot n'endort pas les infirmiers anesthésistes

JEUDI 7 OCTOBRE

Poursuite du mouvement des infirmiers et infirmières anesthésistes 

Les infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat sont 27 à Bel-Air. Face au peu de reconnaissance du gouvernement pour la profession, ils ont décidé de manifester leur mécontentement demain vendredi à l’hôpital. Photo RL

 

« On rêve d’endormir Mme Bachelot ! » Réunis dans le local CGT de l’hôpital Bel-Air de Thionville, les Iade gardent le sourire, pourtant rien ne va plus pour la profession d’infirmier anesthésiste diplômé d’Etat. «  Ça ne date pas d’hier. On tente d’être entendus depuis le mois de mars. » Sept tentatives en sept mois et pourtant c’est toujours l’impasse. «  Notre profession n’est pas reconnue, on fait des études durant plus de cinq années et on est payé comme des bacs + 2. » Les Iade de Bel-Air ont le blues et se disent démotivés face à l’absence de réaction du ministère de la Santé. «  Nous ne sommes que 7 500 en France, c’est peu, c’est peut-être pour cela qu’on ne nous écoute pas. A croire que le gouvernement veut notre disparition. »

Le processus est en marche. Du côté des bancs d’école, l’heure est à la désertification. «  Les jeunes ne sont plus motivés. Pourquoi se spécialiser ? Pour gagner 50 € de plus et avoir plus de responsabilités ? »

Comme ses collègues, mobilisés pour la plupart depuis le 1er octobre, le personnel thionvillois a décidé à son tour de lever le pied ce vendredi pour affirmer une huitième fois son ras-le-bol. «  Chez nous, 100 % des Iade seront grévistes. Dès le matin, on distribuera un courrier d’informations aux patients de l’hôpital. Hors de questions de les prendre en otages. Puis on ira voir le sous-préfet de Thionville pour lui exposer nos revendications. Le service minimum sera assuré. On refuse toute grève sauvage. Mais protester c’est notre seule façon de nous faire entendre. »

Une vocation

Véronique exerce depuis trente-quatre ans, Fabien lui depuis deux ans. Dominique comptabilise vingt années. Tous ont en commun l’amour du métier au service du patient.

Pourtant ils le crient haut et fort : «  Les personnes ne savent pas qui nous sommes. On exerce au bloc, en réanimation, à la maternité. On est un élément important voire capitale de l’hôpital. On est les garants du patient ». Un médecin confirme : «  Les Iade sont un pilier de l’édifice. On travaille main dans la main. On est des collaborateurs. » Alors pourquoi si peu de reconnaissance pour ces hommes et ces femmes qui ne regardent pas leurs heures ? «  C’est une question d’argent comme toujours. »

S. Frohnhofer. Républicain Lorrain , locale de Thionville le 07.10.2010

 

 

 

Mercredi 6 octobre

 

Après la manifestation parisienne de vendredi dernier et ses échauffourées, les infirmiers anesthésistes ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève, à l’appel de divers syndicats, dont la CGT et Sud Santé. Alors, à Metz (hôpital Bon-Secours et hôpital-maternité de Metz) et à Forbach (hôpital Sainte-Madeleine), les Iades espèrent «  se faire entendre ». Hier, à Forbach, ils étaient 100 % de grévistes. A Metz, les blocs opératoires ont fonctionné normalement, mais sur assignations. Urgences et opérations programmées ont ainsi été assurées. Mais, réunis en assemblée générale à Metz, les Iades ont décidé de durcir le mouvement et projettent d’organiser des sit-in et des blocages dans les cours de leur établissement hospitalier respectif. A Thionville, également (hôpital Bel-Air), il a été décidé une journée de grève pour ce vendredi.

 

Républicain Lorrain Publié le 06/10/2010

 

 

Les infirmiers anesthésistes en grève

 

Parce que plusieurs manifestants infirmiers anesthésistes (IADE) ont été arrêtés devant le ministère de la Santé, vendredi dernier, au terme d’échauffourées, et qu’ils revendiquent toujours une meilleure reconnaissance de leur travail, les infirmiers anesthésistes du CHR Metz-Thionville ont entamé une grève, hier.

Les blocs opératoires de l’hôpital Bon-Secours et de l’hôpital maternité de Metz (anciennement Sainte-Croix) n’ont pas fonctionné comme à la normale, et le mouvement pourrait ainsi durer plusieurs jours.

«  A Metz, le mouvement a été suivi à plus de 90 %, cela a engendré une grosse panique sur le CHR, estime Patrick Koch, responsable départemental du syndicat Sud Santé. A l’hôpital maternité, les IADE sont montés en blanc au bloc et ont tous refusé d’entrer en salle. Bachelot nous propose une prime spécifique, mais ce n’est pas acceptable. Alors, on va durcir le mouvement. » Ce dernier pourrait donc s’étendre, dès aujourd’hui, à l’hôpital Marie-Madeleine de Forbach. Et une assemblée générale est prévue cet après-midi, à 15h30, à Metz. «  Les urgences seront assurées. Mais pas les interventions réglées », précise Patrick Koch.

Du côté de la direction du CHR, le directeur général adjoint indique : «  Le programme des interventions médicales a été normalement suivi aujourd’hui, à Metz comme à Thionville. Pour la suite, on ne devrait pas être trop perturbés ».

Rappelons que l’infirmier anesthésiste est le collaborateur du médecin anesthésiste dans les blocs opératoires et obstétricaux.

 

RL 05.10.2010



05/10/2010
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