La Mirabelle Rouge

Le ras-le-bol des Rased

« Les ministres doivent être fiers de dépenser moins » déclaration de François Fillon lors d'un entretien accordé aux journaux de l'Est de la France ( Républicain Lorrain 03.06.2010)

 

Pas de doute, Luc Châtel, le ministre de l'Education Nationale a bien enregistré le message. Il transforme cette fierté ministérielle en vertu pédagogique.

Mercredi 2 juin à Metz, des enseignants éducateurs membres des Rased (Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficultés) sont venu lui rogner les ailes de sa fierté  en manifestant contre les suppressions de postes.

 


Photo RL

 

Un congrès pour mobiliser. Un congrès comme un état des lieux. Jusqu'à samedi, les rééducateurs sont en congrès national à Metz. Sur les 1 400 professionnels de France engagés dans les Rased, les Réseaux d'aide et de soutien de l'Education nationale, 800 sont inscrits à ces journées de rencontre annuelle.

Hier soir, ils étaient reçus à l'hôtel de ville, avant de se réunir place d'Armes, devant les chapiteaux vides de l'Été du Livre. Leur manifestation a pris la forme de cris de colère et de points d'interrogation. Les Rased sont composés d'une majorité d'enseignants rééducateurs, ainsi que de psychologues et de maîtres E, ces maîtres spécialisés.

«  Au cours des dernières années, 3 000 postes ont été supprimés ; aujourd'hui, un tiers des écoles manquent de rééducateurs », souligne Véronique Rivière, venue d'Alsace.

« C'est comme mettre un sparadrap »

«  Le ministère nous tient un double langage. D'un côté, il nous assure qu'il veut stabiliser les effectifs. De l'autre, il veut récupérer 16 000 postes d'ici 2013 », souligne François Jauzet, président national de la Fnaren, la fédération organisatrice du congrès.

A la rentrée, c'est simple, ils craignent de voir les Rased encore amputés, parce que le ministère de l'Education prône le développement de l'aide personnalisée et les heures de rattrapage durant les vacances.

«  Mais l'aide personnalisée, ça ne sert à rien. C'est comme mettre un sparadrap, s'emporte Véronique Rivière. Ce n'est pas une question d'intelligence, mais de motivation. Tous les élèves sont intelligents. Nous, on s'adresse à l'enfant avant que l'enseignant s'adresse à l'élève. »

Sur deux écoles, il y a cinq ans, elle en dessert désormais quinze. Pour sa collègue, Christiane De Nicola, «  On n'entend plus parler de 80 % des élèves accueillis en Rased. Alors qu'un seul élève perturbé peut faire souffrir toute une classe ».

Pour François Jauzet, ces enfants en difficulté représentent jusqu'à 20 % des effectifs en primaire. D'où le slogan choc des rééducateurs en colère, réunis hier, place d'Armes : «  L'avenir de milliers d'enfants est en danger ! »

Le congrès se poursuit. La mobilisation aussi.

RL (03.06.2010)



03/06/2010
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