La Mirabelle Rouge

Le service public ferroviaire est à reconquérir

Service public : Ne plus rien céder mais conquérir pour le bien commun !

 

Dans le confort de leur statut d’euro technocrates, les sous-ministres de la Commission européenne ont une nouvelle fois mis en cause le statut d’Epic de la SNCF au nom du seul modèle qu’ils vénèrent : le marché et la concurrence libre et non faussée. Autrement dit, mais avec plus de vérité, le modèle de la liberté du renard dans le poulailler.  La Commission avait déjà porté son courroux et distillé le fiel de son arrogance à l’encontre d’EDF et GDF et plus récemment de la Poste pour détruire le reste de service public que contenaient encore ces entreprises. Avec la bénédiction de tous les  thuriféraires du capitalisme  qui occupent l’essentiel des  fonctions politiques dans les institutions, le statut de ces entreprises publiques a été cassé pour permettre aux requins de la finance de faire leur marché sans l’entrave des règles sociales et de solidarité qui régissent la notion de services publics.

 

En France, la méthode des gouvernements, appliquée aux services publics, est connue: « on ne privatise pas, on ouvre le capital » !

Le slogan est également valable pour la SNCF. Celle-ci  s’étoffe avec la privatisation des réseaux ferrés au niveau international et  impose aussi l’adaptation du service public  aux lois du marché. L’Etablissement public (EPIC) qui gère les cheminots à statut n’est qu’une composante du groupe SNCF du même nom, présidé par le même patron, Guillaume Pepy. Les 49 filiales du groupe sont pour la plupart contrôlées par la holding « SNCF-Participations » qui rassemble elle-même des centaines de  filiales. La stratégie dans le transport et la logistique ne répond qu’à un seul objectif : faire le plus de profits possible. Les restructurations actuellement en cours au sein de la SNCF, ne visent qu’à adapter l’entreprise publique à cet objectif.

Mais pour la Commission européenne, cette stratégie  vers la privatisation n’est pas suffisamment  rapide dans ses résultats et devrait laisser plus de liberté encore aux capitaux. C’est la raison pour laquelle elle accentue sa pression sur la SNCF et le  gouvernement  pour qu’ils s’alignent davantage dans les contraintes imposées par les agences de notation des spéculateurs. Bussereau, le secrétaire d’Etat aux Transports et  Lelouche missionné aux Affaires européennes tout comme Pepy le patron de la SNCF  font minent de s’opposer aux directives de la commission. Mais la divergence n’est qu’apparente et ce n’est pas pour défendre les services publics qu’ils manifestent leur agacement. Ils ne divergent que sur l’itinéraire pour parvenir au même résultat. Ils connaissent parfaitement les orientations adoptées dans ce domaine par les traités européens et  approuvés par tous les gouvernements qui se  succèdent aux affaires depuis des lustres.

Ils savent que la notion de service public est marginale dans l’Union Européenne. Est-il besoin de rappeler que si cette notion existe, elle est considérée par les textes eux-mêmes comme une notion dérogatoire au droit communautaire ?  La loi commune,  la règle, c’est le marché ;  et le service public, quand il existe, doit toujours justifier sa raison d’être. Il n’a toujours été que toléré sous conditions que le marché ne puisse pas exécuter lui-même l’activité. Aujourd’hui, même cette bienveillante tolérance doit prendre fin. La place doit être nette pour garantir les affaires du monde des affaires. Et bien non ! Nous devons résolument nous opposer à cette politique qui tourne le dos à la satisfaction des intérêts sociaux et soutenir partout en Europe la lutte des travailleurs et des peuples. Contre des traités européens illégitimes faisons vivre les biens communs qui justifient la socialisation des activités et les services publics.

 

Jean-Luc L’HÔTE ( La Mirabelle Rouge 06.06.2010)



23/06/2010
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