La Mirabelle Rouge

Légitime colère du personnel forestier de l'ONF

Les forestiers lorrains refusent la logique économique   de leur direction. Photo Anthony PICORÉ

Le forestier en colère est du genre rugueux. Ils étaient environ 150, tous agents de l’ONF (Office national des forêts), à s’être invités, hier matin à Velaine-en-Haye, au comité technique organisé par le directeur territorial. 150 agents de l’ONF très remontés après l’annonce de 77 suppressions de postes dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Durant les cinq prochaines années, l’ONF s’est engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part en retraite.

Aux forestiers s’étaient joints des représentants du collectif Lorraine-Nature Environnement, qui fédère des partis politique, des syndicats et des associations.

Avec vigueur et parfois une véritable violence verbale, les forestiers se sont exprimés pour dénoncer un projet dont ils refusent les conséquences sociales et celles qui concernent l’exploitation de la forêt. « En 2002, on était environ 1 000 agents. En 2016, on sera 750, fulmine Adrien Ochem, du syndicat SNUPFEN. Aujourd’hui, dans les forêts, on est moins nombreux sur le terrain, on coupe n’importe comment, on a des délais restreints, on ne se préoccupe pas du sol, de la façon dont les arbres tombés écorcent, donc abîment les autres arbres. On hypothèque l’avenir pour une question de rendement ! »

Un moratoire exigé

Les forestiers refusent la logique économique de leur direction, que Jean-Pierre Renaud, directeur territorial pour la Lorraine, a tenté d’expliquer hier matin. « On ne peut pas ignorer le contexte général de crise. L’ONF n’est pas une structure à part… C’est vrai, autrefois, la Lorraine était le grenier à bois du pays. Mais la tempête de 1999 est passée par là, qui a mis à bas en quelques heures sept à huit années de récolte ». Il souligne que la forêt lorraine, qui repousse, est « plutôt rajeunie et que le prélèvement est stabilisé. En tous les cas, il n’augmentera pas, en dépit d’une demande forte, notamment en ce qui concerne les résineux ». Mais il s’est avoué incompétent s’agissant de ce que demandent ses agents : un moratoire sur le plan social.

M. R. (Républicain Lorrain du 13 décembre 2011)

 



14/12/2011
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