La Mirabelle Rouge

Longwy: Occupation d'un lycée pour plus de profs

 

 

 

Éducation longwy

Profs, élèves et parents en colère occupent le lycée

 

 

Conséquence de l'échec des négociations avec le rectorat sur des postes supplémentaires, une cinquantaine de professeurs, élèves et parents d'élèves occupaient, la nuit dernière, le lycée Alfred-Mézières de Longwy.

 

 

Il est 20 h 15 : «  On est là, on occupera notre lycée toute la nuit. Nous avons décidé de rester sur place à l'unanimité ».

Hier soir, une cinquantaine de professeurs, élèves et parents d'élèves du lycée Alfred-Mézières de Longwy sont montés d'un cran dans le bras de fer qui les oppose au rectorat de Nancy-Metz. Depuis février dernier, le conseil d'administration de l'établissement a présenté, selon les syndicats d'enseignants Snes, Snep, FSU et des parents d'élèves FCPE, un «  plan avec moins de postes, plus d'élèves et une enveloppe horaire globale insuffisante ».

Sur 12 postes supprimés (6 départs à la retraite et 6 mutations), 7 ont été refusés par les syndicats parmi lesquels des postes clés notamment dans les matières EPS, STG, sciences physiques, lettres.

Depuis plusieurs mois, les pétitions, les manifestations devant le lycée, les rencontres parents-profs, le déplacement en bus au rectorat et une entrevue avec des élus, n'ont pas fait avancer les revendications. Pour les syndicats, les mesures Chatel se traduisent à Alfred-Mézières par des classes à 35 élèves et des réductions de moyens. «  On aura 27 élèves en plus à la rentrée et on ne crée même pas une classe ».

Le porte-parole du comité des élèves, Sara Benadsaoud, dénonce pour sa part le retrait de 134 heures d'enseignement. Sandrine Lambert, déléguée SNEP, Marie-Claude Boninsegna, déléguée SNES, et Anne-Françoise Dorbec, de la FSU, montrent du doigt la suppression d'un poste d'EPS. «  On nous met à la place une caméra car le lycée est répertorié parmi les 200 établissements les plus violents de France. Nous voulons être à la table des négociations et retrouver ce poste d'éducation physique et sportive. On ne s'arrêtera pas là ».

Soutien d'élus et de la Région

Le mouvement d'occupation, qui a débuté dès 18 h, à la sortie des classes, a reçu en soirée le soutien de nombreux élus du Pays-Haut venus sur place, notamment celui de deux conseillers régionaux, d'un conseiller général et de plusieurs maires et représentants des municipalités de Longwy, Longlaville, Mont-Saint-Martin, Hussigny-Godbrange, Haucourt-Moulaine, Thil, Cutry, Lexy, Fillières.

Le proviseur Guy Vandendriessche a tenté à deux reprises de mettre un terme à l'occupation.

En liaison avec le chef de cabinet du rectorat, une promesse avait été faite de faire venir l'inspecteur d'académie aujourd'hui «  si les manifestants quittent le lycée. S'ils maintiennent l'occupation, c'est le blocus. C'est donnant-donnant ».

Sifflements, rappel de l'échec au rectorat, les occupants ont campé sur leurs positions.

Le proviseur, dépité, a fini par lâcher que «  l'image de marque du lycée allait en prendre un sacré coup. On se tire une balle dans le pied. C'est comme ça qu'on aura encore moins de moyens ».

Les derniers slogans du soir ont résonné «  Non, non aux suppressions ! Oui, oui à notre Education ! Mézières en colère ! Longwy tous unis ! ». L'impasse est totale.

Jean-Pierre RICARD (Républicain Lorrain 27.04.2010)



27/04/2010
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