La Mirabelle Rouge

Luxembourg: manif contre l'austérité au paradis fiscal

Le 16 septembre sera chaud

À trois semaines de la manifestation contre les mesures d’austérité au Luxembourg, la tension monte dans les régions frontalières.

 

Ce n’est plus un secret : la loi luxembourgeoise du 13 juillet sur la modification des aides financières dédiées aux étudiants a mis tout un mécanisme de protestation en branle. Pour rappel : le texte, qui promet de généreuses aides aux jeunes universitaires résidents du Luxembourg, prévoit également l’abolition des allocations familiales pour tous les salariés qui ont des enfants étudiants à charge. Y compris, bien entendu, les frontaliers, pour lesquels aucune compensation financière n’est prévue. Dans les pays frontaliers, cette mesure, décidée à la va-vite avant les vacances d’été, a déclenché une vague de protestation qui s’est considérablement renforcée au cours de la semaine écoulée.

Lundi dernier, en Belgique, la sénatrice de la province de Luxembourg, Dominique Tilmanns, a dénoncé la loi portée par le ministre de la Justice, François Biltgen, la qualifiant de «  contraire à l’esprit européen ». Résultat : l’affaire pourrait prochainement occuper le Conseil des ministres de l’Union européenne.

Les syndicats en position d’attaque

Le même jour, le maire de Thionville, Bertrand Mertz, a adressé une lettre pimentée au Premier ministre, Jean-Claude Juncker, à propos du même sujet. En fervent défenseur de ses citoyens frontaliers, le premier magistrat note que les nouvelles mesures pourraient instaurer un système social à deux vitesses et les soupçonne d’être un frein à la compétitivité de l’ensemble de la région : « Élaborer une distinction de droit entre les bénéficiaires résidents et non-résidents […] participe difficilement au renforcement de la dynamique économique et sociale au sein de la Grande Région », écrit-il, demandant « un réexamen de la problématique ».

Côté syndical, tous les esprits sont tournés vers le 16 septembre, date fixée par l’OGBL pour une manifestation de protestation contre les mesures d’austérité qui touchent les frontaliers en particulier. Vendredi, la section des frontaliers belges de l’OGBL et la Fédération générale du travail belge (FGTB) ont adressé une lettre collective au Conseil provincial ainsi qu’aux magistrats de vingt-neuf communes de la province du Luxembourg. L’objet : une motion contre les mesures « injustes » du gouvernement luxembourgeois, que les destinataires sont invités à adopter lors de la prochaine réunion de leur conseil. Le courrier syndical tient également à « inviter vivement » les bourgmestres, échevins et conseillers en question à témoigner leur soutien à tous les frontaliers qui manifesteront mi-septembre place Clairefontaine à Luxembourg.

En Sarre, c’est la section locale de la Confédération des syndicats allemands (DGB) qui appelle à l’action. «  Nous avons 7000 frontaliers en Sarre et nous allons les mobiliser pour qu’ils soient présents le 16 septembre », a annoncé vendredi Eugen Roth, président du DGB-Saar ainsi que du conseil syndical interrégional SaarLorLux-Trier-Westpfalz. Aujourd’hui, son syndicat veut établir son plan d’attaque lors d’une réunion avec la presse. À cette occasion, le DGB-Saar a également invité deux de ses camarades luxembourgeois. Le président de l’OGBL, Jean-Claude Reding, et le conseiller des frontaliers allemands, Patrick Freichel, se rendent à Sarrebruck pour leur apporter leur appui.

 

Christiane KLEER. ( Le Quotidien) ……(RL 30.08.2010)

 



30/08/2010
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