La Mirabelle Rouge

Manifestation des anciens mineurs à Paris

Les anciens mineurs manifestent en force  à Paris

Près de 2 000 personnes ont manifesté, hier à paris, pour protester contre la remise en cause du régime spécifique accordé aux mineurs. 

Près de 600 mineurs du Bassin houiller sont montés à Paris, hier, pour protester contre la fin du remboursement de certaines dépenses de santé. Ils étaient entre 1 500 et 2 000 à défiler dans les rues.
Entre 1 500 et 2 000 personnes (selon les forces de l’ordre et les syndicats) ont manifesté, hier à Paris, à l’appel d’une intersyndicale de mineurs (CGT-CFDT-CFTC-FO-CFE/CGC). L’objet de leur grogne ? La suppression du remboursement de leurs déplacements vers les spécialistes, ainsi que la prise en charge du transport et de l’hébergement des cures. Sont également visées les dépenses en médicaments, en dehors des 63 pharmacies minières, pour lesquelles les affiliés ne bénéficieront plus systématiquement de la gratuité.

Ces avantages ont pourtant été acquis grâce à leur régime spécifique. «C’est suite à nos conditions de travail particulières que nous avons eu un régime particulier. C’est un droit acquis au nom de la pénibilité du travail des mineurs », estime Luc Meichelbeck, secrétaire général de la section régionale des mineurs CFDT. Il dénonce le comportement du gouvernement « qui donne d’une main pour reprendre ensuite des deux. Nicolas Sarkozy avait dit qu’il ne toucherait pas au régime des mineurs et voilà où nous en sommes à présent. »

Le ministère ne rassure pas

Une décision qui a du mal à être acceptée par les 200 000 mineurs affiliés que compte la France, dont près de la moitié souffrirait de maladies professionnelles, cancers de l’amiante et silicose en tête.
Hier matin, après s’être rassemblés devant la Caisse nationale des mines, les manifestants se sont ainsi dirigés vers le ministère de la Santé où une délégation a été reçue par le directeur de cabinet de Roselyne Bachelot. A la sortie, la déception était toutefois palpable. «Les réponses apportées ne sont pas satisfaisantes. Une commission devrait être mise en place afin de réfléchir sur le décret qui met fin à la gratuité de nos soins. Pour nous, le gouvernement cherche surtout à gagner du temps en espérant que le mouvement s’essouffle», explique Francis Gawin, secrétaire général adjoint de la section CGT des mineurs du Bassin houiller, qui promet prochainement d’autres manifestations, mais dans les régions cette fois.

M. C (article du RL 18.03.2010)

 

La CGT mines de fer ne veut pas manifester avec les signataires de la convention qui recompose l'offre de soins.

La Fédération régionale CGT des mines de fer ne participera pas à la manifestation intersyndicale, aujourd'hui à Paris, prévue par les organisations nationales CFDT-CGT-FO-CGC et CFTC concernant le régime minier.
Elle le justifie dans un communiqué. Alors que la «CGT des mines de fer n’a cessé, durant les années 2008-2009, de s’opposer à la destruction de l’offre de soins, à la remise en cause de la gratuité et de la qualité des soins », ses démarches durant cette période «se sont heurtées à l’opposition radicale des organisations CFDT-CFTC-FO-CGC, signataires de la convention ministère-Caisse autonome nationale portant sur la recomposition de l’offre de soins». Pour la CGT du bassin ferrifère, ces syndicats «ont fait preuve d’un consensus extraordinaire pour relayer les directives du gouvernement ».
Toutefois, la fédération régionale ne renonce pas à l’intersyndicale, ni «à une action pour un retour aux acquis du régime minier avec un seul mot d’ordre : ne touchez pas à notre santé ! »

 

 

Les affiliés du régime minier défendent leur «sécu» à Paris

190 000 anciens mineurs et veuves, dont 70 000 Lorrains, sont appelés à manifester aujourd’hui pour défendre les spécificités de leur régime de sécurité sociale. Un régime progressivement remis en cause.

 

LE RÉGIME MINIER EST-IL EN DANGER ?

Oui, incontestablement. La principale crainte des affiliés du régime minier ­ leur alignement sur le régime général ­ a pris corps au fil des ans et des réformes. A mesure que leurs organismes de tutelle cherchaient à combler leurs déficits structurels (7 M€ pour la Carmi de l’Est en 2008), les spécificités de leur régime ont été progressivement grignotées.
Pour justifier cette évolution, la Caisse autonome nationale (Can) qui gère le régime minier avance, outre la question des déficits, celle de l’évolution démographique. Chaque année, le nombre d’affiliés et ayants droit du régime minier diminue de 5 à 6 %.

 
QUELS ACQUIS ONT ÉTÉ SUPPRIMÉS ?

Tout s’est fait en catimini et sans négociation préalable, le 31 décembre dernier. Ce jour-là, le gouvernement publiait un décret supprimant les remboursements des déplacements vers les spécialistes et l’arrêt de la prise en charge de l’hébergement et du transport pour les cures. Une mesure qui, selon les organisations syndicales, est la première étape d’une remise en cause totale de la gratuité des soins.

COMBIEN DE DISPENSAIRES FERMÉS ?

 
Dans les bassins houiller et ferrifère, la Carmi de l’Est a prévu de fermer la moitié de ses dispensaires. Ce mouvement, qui a démarré durant l’été 2009 dans le bassin ferrifère, a commencé à produire ses effets. Une quinzaine de dispensaires (Moutiers, Giraumont, Trieux, Mancieulles, Aumetz, Rédange) affichent déjà portes closes ; d’autres (Homécourt, Montois-la-Montagne, Fontoy) devraient subir le même sort au cours de ce premier semestre.

QUELS EFFETS POUR LES AFFILIÉS ?

 
Au plan sanitaire et humain, la fermeture des dispensaires a eu des répercussions importantes pour les affiliés. Car désormais, bon nombre d’entre eux doivent faire plusieurs kilomètres pour se rendre dans un centre de santé. Quand on sait que la patientèle concernée a près de 80 ans de moyenne d’âge, on mesure mieux les difficultés que cela engendre. Concernant le non-remboursement des déplacements chez les spécialistes, les effets sont encore plus douloureux. Faute de ressources suffisantes pour avancer les frais de taxi, certaines veuves de mineurs ont déjà dû se résigner à annuler des consultations chez leur cardiologue ou leur ophtamologiste.


LES MINEURS SE MOBILISENT-ILS ?


Oui, et sans relâche. Depuis que la Carmi de l’Est a annoncé son intention de réorganiser son offre de soins, c’est la CGT qui est à la pointe du combat. Le siège de la Carmi, à Metz, a été envahi à plusieurs reprises par les affiliés du régime miner. Cette mobilisation va se prolonger aujourd’hui, à Paris. A l’appel de l’ensemble des forces syndicales (sauf la CGT Mines de fer, lire par ailleurs), quelque 2 000 anciens mineurs de la France entière sont attendus ce matin, à 11 h, devant le siège de la Can. Les manifestants feront ensuite route vers le ministère de la Santé où ils espèrent être reçus par la ministre Roselyne Bachelot. Avec un objectif en tête : préserver des acquis sociaux datant de 1946.

Fabien SURMONNE


19/03/2010
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