La Mirabelle Rouge

MGM:redressement, licenciements, chantage patronal et emploi

Mercredi 16 mars 2011

Reprise a minima de MGM France par GMD

Le 16 mars 2011 par Marie Herbet  (L'Usine  Nouvelle)
Cession. Un site repris sur quatre et 92 salariés sur 231. Le plan de reprise validé hier par le tribunal de commerce de Limoges laisse un goût amer aux salariés de MGM France, après six mois de déclin inexorable : redressement judiciaire, plan de continuation abandonné, retrait de l’unique client Tetra-Pak de l’usine de Blanzy en Saône-et-Loire… La liquidation judiciaire s’était peu à peu imposée comme la seule issue en dépit d’une perspective de reprise bien incertaine.

Après le désistement du fabricant d’ustensiles de cuisine Mora, seul le candidat GMD pouvait offrir une seconde vie au plasturgiste. Le sauvetage ne profite cependant qu’à l’usine de Rouvray (Côte-d'Or), qui emploie actuellement 132 salariés. Le repreneur récupère également les machines et l’outillage du site de Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle), qui viendront équiper l’usine bourguignonne ainsi qu’un site de production appartenant à GMD et situé à Noeux-les-Mines, dans le Pas-de-Calais. L’équipe commerciale de Villefranche-sur-Saône (Rhône) est également écartée du plan de reprise.

La transaction, estimée à 200 000 euros, ne signe pourtant pas la fin des frictions. « GMD a fait une bonne affaire », ironise Jean-Loup Mourral, secrétaire du CE, pour qui les stocks de six jours de production issus du site de Villers ont été « bradés » à 70 000 euros, un prix jugé bien en-deçà de leur valeur estimée.

Dépôt de plainte

Si une quarantaine de personnes a d’ores et déjà quitté MGM dans le cadre d’un plan de départs volontaires antérieur à la liquidation de l’entreprise, des mesures de reclassement doivent être définies pour les 139 salariés licenciés. GMD apporte son concours pour financer les primes supra-légales à travers un budget global de 380 000 euros.

S’ajouterait une enveloppe de 500 000 euros déposée sur un compte séquestre et accordée par Faurecia, un gros client du plasturgiste, à l’issue d’un protocole signé postérieurement au mouvement de grève lancé en novembre sur le site lorrain. L’entreprise MGM attribuerait quant à elle un financement de 100 000 euros pour la réinsertion professionnelle des salariés. Un montant déjà annoncé fin 2010 dans le cadre d’une restructuration visant la suppression de 80 postes, laquelle a été balayée par la fronde salariale de Villers. La mise en œuvre des mesures de reclassement sera supervisée par le cabinet Sodie, alors qu'une convention reste à signer avec la direction de MGM qui, selon le délégué syndical, « traîne des pieds ».

Déterminé, Jean-Loup Mourral veut faire la lumière sur le groupe MGM, dont il juge la gestion financière hasardeuse. Samedi dernier, une plainte contre X a été déposée : l’épluchage des comptes de l’entreprise laisserait en effet apparaître des transferts de fonds entre les sites de MGM France et la holding qui chapeaute l’entreprise. Si ces opérations sont courantes, les doutes porteraient sur le montant des transactions et leur affectation précise.

La procédure engagée ressemble à un baroud d’honneur en réaction à la fermeture du site de Blanzy, l’un des trois sites abandonnés et le seul jugé rentable. Si la direction a pendant un temps accusé les syndicats de camper sur leurs positions, l’escalade qui a mené à la liquidation, puis à une cession au pied levé de MGM France, pourrait avoir d’autres causes. Une source proche du dossier regrette notamment la façon dont l’administratrice judiciaire a piloté le dossier.

 

 

Vendredi 4 février 2011

Photo RL

 

 

Le 23 février, le tribunal de commerce de Limoges dira si le rachat du groupe MGM est possible ou si une liquidation judiciaire est ordonnée. Les syndicats essaient de sauver le site de Villers-la-Montagne, le plus menacé des trois.

Rachat ou liquidation ? Réunis hier à la maison des syndicats sur le PED à Longlaville, les syndicats de MGM étaient bien incapables de dire ce qui se passera le 23 février prochain avec la décision du tribunal de commerce de Limoges. Les délégués syndicaux CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, ainsi que les secrétaires titulaires des comités d’entreprise, ont tenu une table ronde sur la question. Toutes les hypothèses ont été passées au crible depuis l’annonce des 99 suppressions d’emploi sur les trois sites MGM de Villers-la-Montagne, Rouvray et Blanzy (voir RL du 3 février).

«  On nous a surtout menti », insiste Patrick Magnette, le secrétaire général de l’union locale CGT de Longwy, Longuyon et Villerupt. Et de rappeler la grève récente sur le tas à l’usine de Villers-la-Montagne (automobile, électroménager et bureautique). «  On a stoppé l’action car on nous a dit que si on continuait, on fermait tout le site ». Patrick Magnette d’ajouter que des accords ont bien été signés entre les patrons et les représentants de l’Etat, en présence des élus et des syndicats. «  Ils se sont foutu des salariés qui ont fait des sacrifices. On ne se laissera pas faire, on va se battre ».

« Se rappeler de Villers »

Tout aussi amer, Thierry Pellé, le délégué syndical central CGT sur le site de Blanzy. «  Le nouveau directeur devait changer. On ne l’a jamais vu. La direction nous dit qu’on n’arrive pas à avoir des contrats. En fait, elle fait de la rétention d’information. » Le plus important des clients, Tétrabrik, s’est retiré du marché des bouchons d’emballage fabriqués par MGM Blanzy.

Jean-Loup Mourral, secrétaire du CCE MGM France, propose de suivre la voie juridique contre «  les patrons voyous ». A Rouvroy, le site ne produit que des produits pour l’automobile. Il y aurait 88 salariés repris dans cette usine, la moins touchée.

Manuel Dias, délégué syndical CGT sur le site de Villers-la-Montagne, fait le tour de la situation : «  Ils ont menti. Pas de clients à Blanzy, pas d’activité à Villers-la-Montagne, un chiffre d’affaires décroissant pour le reste ».

Puis reviennent les chiffres annoncés : 99 licenciés mais 170 postes sauvegardés sur les 270 ouvriers des trois usines. Et les noms des deux repreneurs qui se sont manifestés à un moment ou un autre : Mora et GMD. L’idée d’un transfert de l’activité de MGM Villers-la-Montagne vers le Nord est abordée.

Tous se mettent d’accord pour souligner avec force que des actions seront mises en place. «  On va tout faire en tout cas pour que la direction de MGM se rappelle de Villers-la-Montagne ».

Le redressement judiciaire court, lui, jusqu’au 14 mars, mais le 23 février marquera un nouveau tournant avec la décision du tribunal de commerce de Limoges.

Jean-Pierre Ricard. (Républicain Lorrain le 04/02/2011

 

 

Jeudi 3 février 2011

MGM exclu des projets

Les potentiels repreneurs de l’équipementier automobile MGM, situé à Villers-la-Montagne (54), et placé en redressement judiciaire depuis le 14 septembre 2010, avaient jusqu’au 31 janvier dernier pour se manifester auprès du tribunal de commerce de Limoges, en Haute-Vienne, où se trouve la maison mère MGM France. Malheureusement, si deux entreprises ont déposé un dossier, aucune n’envisage de reprendre le site meurthe-et-mosellan.

Au début du mois d’octobre 2010, un plan de restructuration avait été annoncé par la direction du groupe précisant que sur ses 270 salariés, 99 personnes des implantations à Villers-la-Montagne, Rouvray (21) et Blanzy (71) devraient être licenciées, dont 44 en Lorraine. Des 94 employés en Meurthe-et-Moselle, il en reste, après des départs volontaires, plus de 70. Les principaux syndicats ont manifesté leur abattement et devraient se réunir, aujourd’hui, avec leurs homologues du site de Blanzy, lui aussi délaissé par les projets de reprises.

O. F. Républicain Lorrain  le 03/02/2011

 

 

Mercredi 17 novembre 2010

 

Face à la grève et au blocage du site MGM de Villers-la-Montagne par les salariés licenciés victimes du plan de redressement, le DRH avait dénoncé le caractère « irresponsable » de l’action entreprise. Il exerçait son chantage et programmait la liquidation judiciaire en mettant en cause la réaction légitime du personnel licencié pour dissimuler la responsabilité du groupe dans la liquidation envisagée.  Ce chantage avait aussi comme  objectif de diviser les travailleurs en opposant les licenciés et les « rescapés potentiels » d’un plan de restructuration piloté par un administrateur judiciaire dont la fonction n’est nullement la défense des intérêts salariés mais des gestionnaires, des actionnaires et des débiteurs. Dans tous les cas de figure, les salariés, s’ils voulaient se faire entendre, n’avaient que le moyen d’exprimer leur existence par l’action collective et le  rapport de force. C’est pourquoi, les salariés en grève de Villers ont bien eu raison d’agir comme ils l’ont fait, même si malheureusement, le chantage à la division de la Direction a en partie atteint son objectif, comme le montre les échanges contradictoires dans les commentaires d’article de mon blog.

L’accord intervenu dimanche entre les grévistes licenciés et l’administrateur judiciaire assisté des entreprises clientes du groupe MGN ne va pas sauver les emplois. Il ne permet que le financement du plan de licenciement de 91 personnes dont 44 travaillent sur le site de Villers-La-Montagne puisque  cette si faible garantie n’était même pas acquise avant la grève. Cela démontre tout le cynisme d’un groupe et d’un DRH qui dénoncent des salariés se battant encore  le dos au mur alors que c’est leur politique et leur incompétence qui a placé l’entreprise dans cette situation. Mardi 16 novembre, le tribunal de commerce de Limoges n’a pas prononcé la liquidation judiciaire « promise »  par le DRH. Le redressement  est maintenu jusqu’à la prochaine audience du 7 décembre…mais les licenciements, eux sont effectifs….à suivre…

 

La Mirabelle Rouge  (17.11.2010)

 

 

 

Article du RL le 17.11.2010

MGM : un (petit) sursis jusqu’au 7 décembre

 

Si le travail a repris à MGM, une nouvelle action des syndicats visait à bloquer l’entrée de la zone industrielle aux poids lourds, hier. De son côté, le tribunal a prolongé la phase de redressement judiciaire jusqu’au 7 décembre.

maintenir la pression. Telle est la volonté de l’intersyndicale qui concentre désormais ses forces sur la défense de l’emploi. Ce fut le cas hier matin sur la zone industrielle de Villers-la-Montagne où la société MGM est dans l’œil du cyclone depuis plusieurs semaines.

En fin d’après-midi, on apprenait que le tribunal administratif de Limoges s’est prononcé en faveur de la poursuite des activités de retraitement du plastique de MGM. Du moins au minimum jusqu’au 7 décembre, date de la prochaine audience du tribunal. L’entreprise en redressement judiciaire reste donc sous surveillance pendant trois semaines. C’est un petit ouf de soulagement pour les salariés, car la liquidation judiciaire aurait pu être prononcée. «  Cela aurait signifié la fin de tout. 270 salariés sur le carreau, répartis en trois sites Rouvray, Blanzy et Villers-la-Montagne. » Pour autant, trois semaines, c’est bien peu… Si après onze jours de grève, le travail a repris à MGM, l’intersyndicale a voulu montrer hier matin que la mobilisation reste bien réelle avec une opération coup-de-poing sur la zone industrielle de Villers-la-Montagne.

La cinquantaine d’hommes et de femmes s’est divisée en deux groupes : l’un bloquant l’artère en direction de Longwy, l’autre de Villerupt, côté Eurostamp. «  Il s’agit de mettre en place un barrage filtrant pour les voitures et de stopper les poids lourds qui veulent entrer sur la zone », explique Gérard Lagorce de l’union locale CGT. Et ainsi gêner, un temps, les entreprises. Dans l’ensemble, les chauffeurs poids lourds manifestent un soutien aux syndicalistes à grand renfort de coups de klaxon. D’autres s’énervent arguant du fait qu’«  ils travaillent ». La réponse ne tarde pas : «  Nous aussi, mais bientôt on ne pourra plus travailler. Ce sera le chômage ! » Une réalité pour 91 salariés du groupe MGM France, dont 44 rien que sur Villers-la-Montagne. «  Au terme de la réunion, dimanche en sous-préfecture de Briey (lire notre édition de lundi), nous avons décidé d’arrêter le blocus de l’entreprise, et de reprendre le travail lundi », rappelle Manuel Dias, délégué CGT.

Entre deux feux

«  L’un de nos clients, Faurecia, a mis la main au portefeuille en s’engageant à verser une avance de 500 000 € sur des moules que l’on doit leur fournir. De quoi financer le plan de sauvegarde de l’emploi. Un plan qui revient à donner environ 5 500 € aux salariés. » Pris entre deux feux, les syndicalistes ne pouvaient continuer le blocage, sous peine de voir prononcer la liquidation du groupe MGM France. «  Ces onze jours de blocage, c’était dur. Très dur, témoigne Frédéric Lepek, délégué CFDT. Le froid, la pluie, le vent, sous la tente jour et nuit. » Tous défendent leur «  boîte », d’abord « pendant quatre ans sous l’enseigne Moll, des fonds de pensions américains, puis Ergom cinq ans, des Italiens qui voulaient s’implanter dans l’Hexagone, et il y a dix-huit mois, le rachat par MGM qui voulait grossir… » C’est manifestement raté. Dans les rangs des salariés, certains regrettent la parfaite séparation entre MGM SAS, implantée en Roumanie, au Maroc, à Limoges, et MGM France au bord de la faillite.

Hier matin, les syndicalistes espéraient juste une chose : que les engagements des uns et des autres ne soient pas vains et que le tribunal leur laisse une nouvelle chance. En fin d’après-midi, la nouvelle est tombée : sursis jusqu’au 7 décembre. Juste de quoi reprendre une petite respiration… Peut-être que le tribunal a lui aussi voulu maintenir la pression.

O. C.

Publié le 17/11/2010

 

Article du RL le 15.11.2010

Unanimité moins une abstention. Hier, les salariés de l’entreprise MGM de Villers-la-Montagne ont accepté de reprendre leur activité au terme d’une journée de négociations (lire nos précédentes éditions). Réunis en sous-préfecture dans l’après-midi, les délégués syndicaux, l’administrateur judiciaire ainsi que les entreprises Faurécia, Electrolux – Arthur-Martin et Steele-Cesse, les principaux clients, ont finalement trouvé un accord. «  Chaque entreprise s’engage à maintenir des relations commerciales avec MGM et à réviser leurs conditions de paiement, a expliqué M e Ralph Blindauer, avocat des salariés. Electrolux compte également revoir ses tarifs par pièce. » C’est cependant Faurécia qui a consenti au plus gros effort. La société s’est engagée à verser une avance de 500 000 € afin de financer le plan de licenciement initialement prévu, à savoir la suppression de 91 emplois pour tout le groupe, répartis entre les sites de Rouvray, Villers-la-Montagne et Blanzy. «  Chaque salarié licencié, y compris ceux qui n’ont pas fait grève, recevra une prime légale de 5 500 €, a poursuivi Manuel Dias, délégué CGT. Ce n’est pas beaucoup mais on aurait pu ne rien avoir du tout. »

Las de dix jours de grève, les salariés ont affirmé leur fierté d’avoir lutté si âprement. «  On arrête le blocus la tête haute, a commenté Christine, une employée. Maintenant, on va attendre de voir qui est viré. » Discours identique pour M e Blindauer envers les grévistes : « Votre combat doit être un exemple. Votre unité syndicale a payé. Pour les 44 qui seront licenciés ici, je sais que la prime n’est pas énorme, mais c’est le maximum à obtenir. De plus, vous pourrez bénéficier de formations ou de contrats de transitions professionnelles. »

De son côté, l’administrateur judiciaire a assuré qu’il demandera au tribunal administratif de Limoges de ne pas prononcer la liquidation judiciaire, ce qui aurait pu être engagé demain.

Dès ce matin, les salariés ont repris le travail, laissant les camions de Faurécia récupérer leur matériel.

E. P. Républicain Lorrain le 15/11/2010

 

 

Supercherie patronale: la décision de liquidation a été prise bien avant la grève à Villers-la- Montagne

 

Dans le RL du mercredi 10 novembre,( voir article ci-dessous) le directeur des Ressources inhumaines du groupe MGN accuse les salariés en grève de Villers-la-montagne qui luttent contre les licenciements, d'être à l'origine de la liquidation judiciaire de l'ensemble du groupe. Il s'agit d'une forfaiture patronale d'autant plus mensongère que la décision de liquidation judiciaire était déjà prise depuis au moins un mois. Tout à son art de manier la litote, la première et seule qualité requise pour faire office de DRH  communiquant,  le chef du personnel joue sur les termes juridiques qui distinguent formellement "redressement judiciaire" et "liquidation judiciaire". Mais compte tenu de la réalité de la situation de l'entreprise, la nuance n'est que formelle et le groupe connaissait la destination finale de sa stratégie. L'annonce de la liquidation éventuelle n'a rien a voir avec la grève actuelle. La Gazette Info de Dijon ainsi  que Dijon scope  ont publié l'information de redressement le 6 octobre 2010.(voir les articles correspondants ci-dessous) Cette décision avait donné lieu à un communiqué et à une intervention du député de droite François Sauvadet, le président du Conseil Général de Côte-d'Or qui exprimait son émotion devant les suppressions d'emplois annoncées. Il serait tout de même peu vraisemblable de considérer  ce député ministriable  comme  suppot du "gauchisme" revendicatif.

 

Jean-Luc

 

Jeudi 11 novembre: Les grévistes de MGN résistent et refusent le chantage patronal.

MGM France : situation bloquée

Les salariés de MGM France à Villers-la-Montagne bloquent toujours leur entreprise. Hier, ils ont été reçus par le sous-préfet de Meurthe-et-Moselle.

Au petit matin, hier, ils étaient 47 sur 49 votants à souhaiter poursuivre la grève, et ce, malgré l’épée de Damoclès sur leur tête. A Villers-la-Montagne, les salariés de MGM France gardent leur cap. Ne rien laisser entrer ou sortir du site tant «  qu’il n’y a pas de négociations avec la direction. En plus, ils veulent nous faire porter le chapeau pour la liquidation de tout le groupe. Mais nous, on défend juste nos emplois », s’emporte Manuel Dias, délégué CGT.

Informés mardi d’une possible mise en liquidation judiciaire de l’ensemble de MGM France, à savoir quatre sites et 270 emplois, les salariés de Villers espèrent négocier au mieux leur licenciement ou voir arriver un repreneur. «  On représente 30 M€ de chiffre d’affaires et on a des installations compétentes. On peut sans problème être racheté », précise Jacque Morosini, délégué CFE-CGC.

Reçus en délégation à 15 h par Jacky Hautier, sous-préfet de Meurthe-et-Moselle, ils ont exposé leurs revendications. 12 000 € par salariés ou l’abandon du plan social.

«  Nous ne pouvons pas suspendre le plan, ni financer le montant des primes demandées », indique l’administrateur judiciaire.

Pour Jacky Hautier : « L a situation semble inéluctable si aucune des deux parties ne cède. »

Mardi prochain, le tribunal de commerce de Limoges pourrait prononcer la mise en liquidation de la société.

En attendant, les ordonnances d’huissier pour faire sortir le matériel de l’usine de Villers devraient s’accumuler. En fin de journée, hier, les salariés ont choisi de poursuivre le mouvement. De son côté, l’administrateur judiciaire laisse son téléphone ouvert tant que la liquidation n’est pas prononcée.

E. P.

Publié le 11/11/2010 ( Républicain lorrain)

 

MGM France menacée de liquidation judiciaire

Implantée à Villers-la-Montagne, Rouvray, Blanzy et Villefranche, la société MGM France pourrait être liquidée le 16 novembre. En tout, ce sont 270 emplois qui sont menacés, dont 44 dans le Pays-Haut.

 

Colère, d’un côté, incompréhension de l’autre. La situation de la société MGM France (équipementier automobile) a pris un tournant décisif, hier, dans la poursuite de son activité. Placé en redressement judiciaire depuis le 14 septembre, le groupe avait prévu le licenciement de 90 salariés sur ses sites de Rouvray, Blanzy et Villers-la-Montagne. Les 44 postes en jeu dans le Pays-Haut ont mené les employés et les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT à entamer une grève illimitée depuis jeudi dernier. «  Personne n’a voulu entendre nos revendications. On a l’impression qu’ils veulent fermer l’entreprise quoi qu’il arrive », explique Manuel Dias, délégué CGT.

Discours inverse de la part de l’administrateur judiciaire du cabinet de M e Vincent Gladel : «  La situation financière du groupe est telle, que nous ne pouvons accéder à leur requête. Pire, le blocage total du site de Villers nous a forcés à demander une liquidation, puisque l’argent ne rentre plus du tout. La décision du tribunal doit intervenir le 16 novembre. En attendant, il faut réellement que la grève soit levée, ne serait-ce que pour espérer une poursuite d’activité dans l’espoir d’un repreneur éventuel. »

Informés de la décision, les salariés ont tout de même choisi de poursuivre leur mouvement. «  Nous voulons entrer en négociations, reprend Manuel Dias. De toute façon, nous n’avons plus rien à perdre. »

« Un gâchis »

Henri Noblet, directeur des ressources humaines du groupe se dit, quant à lui, indigné du comportement des représentants syndicaux de Villers-la-Montagne. «  De 44 postes supprimés, leur entêtement conduit à menacer 270 emplois sur tout le groupe. C’est du suicide. Cela fait 18 mois que nous tentons de remettre à flots cette entreprise. Maintenant, nous ne sommes même pas certains de trouver un repreneur si la liquidation est prononcée. C’est un gâchis comme je n’en ai jamais vu. »

Ce matin, les salariés voteront à nouveau la reprise ou non du travail à Villers-la-Montagne, dans l’espoir de négociations.

De leurs côtés, l’administrateur judiciaire et la direction du groupe espèrent faire lever le blocus afin de livrer leurs clients et s’épargner une déroute financière totale. Il reste une semaine aux deux parties pour trouver un terrain d’entente.

Emilie PERROT.(républicain lorrain)

Publié le 10/11/2010

 

 

Gazette Info le 06 octobre 2011

 

EMPLOI. Plan de licenciement à l’entreprise Ergom de Rouvray

Par le biais d’un communiqué de presse de François Sauvadet, député de la Côte-d’Or et président du conseil général, nous apprenons la mise en redressement judiciaire du groupe MGM, auquel appartient l’entreprise Ergom à Rouvray, fabriquant de composants plastiques pour l’industrie automobile. « 38 personnes seraient annoncées sur les 137 emplois que compte l’équipementier automobile de Rouvray. C’est un coup dur pour le secteur de Saulieu » a réagit François Sauvadet, qui a prévu une rencontre notamment avec les dirigeants de l’entreprise.

 

 

Dijon scope le 06 octobre 2011

 

Dans un communiqué reçu mardi 05 octobre 2010, François Sauvadet, président du conseil général de Côte-d'Or, réagit sur le sort de l’entreprise Ergom, à Rouvray, qui fabrique des composants plastiques pour l’industrie automobile.

Pour en savoir plus, lire le communiqué de presse ci-dessous.

"Entreprise Ergom à Rouvray : "Un coup dur pour l’emploi et les salariés"

François Sauvadet, Député de la Côte-d’Or et Président du Conseil Général tient à réagir sur le sort de l’entreprise Ergom, à Rouvray, qui fabrique des composants plastiques pour l’industrie automobile.

"Je viens d’apprendre la mise en redressement judicaire du groupe MGM auquel appartient la société Ergom par le tribunal de commerce de Limoges. J’ai appris par la même occasion qu’un plan de licenciement de 38 personnes serait annoncé sur les 137 emplois que compte l’équipementier automobile de Rouvray.

C’est un coup dur pour le secteur de Saulieu. C’est un coup dur pour l’emploi et surtout, pour les salariés et les familles qui seront concernés.

C’est pourquoi je rencontrerai dans les plus brefs délais, avec Anne-Catherine Loisier, conseillère générale du canton de Saulieu, et Christian Nault, maire de Rouvray, les dirigeants de l’entreprise et les représentants des salariés".

 

 

Samedi 6 novembre 2010

MGM : le mouvement se poursuit ce w-e
Photo RL

La réunion du comité central de l’entreprise MGM, jeudi à Limoges, n’a pas apporté les bonnes nouvelles que les grévistes de Villers-la-Montagne attendaient. La direction nationale était sur le site hier à 23h.aujourd’hui, samedi 6 novembre, c’est jour de manifestation nationale contre la réforme des retraites. Les grévistes de l’entreprise MGM de Villers-la-Montagne n’y seront pas.Ou plutôt si, mais «  avec le cœur seulement. Car le mouvement le plus urgent pour nous, c’est le blocage du site », explique Manuel Dias. Le délégué syndical CGT est également représentant au comité central du groupe.Et il a annoncé hier matin à ceux qui protestent contre l’annonce du licenciement de 44 salariés (sur 95 au total) le résultat de la réunion du comité d’entreprise qui s’est terminée jeudi à 17h à Limoges. «  La direction a expliqué qu’elle envisageait la suppression de 99 emplois en France, dont 44 donc à Villers. Elle ne veut pas revenir en arrière. Pour le 16 novembre, les lettres devraient arriver, pour des départs effectifs à la fin du mois. C’est rapide, car on est en redressement judiciaire. »
« On va leur proposer quoi à ces gens ? » Une autre information a été donnée, à classer dans la catégorie des mauvaises nouvelles : «  Ils n’ont pas d’argent pour la prime extralégale. Ils ont enfin évoqué qu’ils mettraient 100 000 euros pour la formation de l’ensemble des personnes du groupe qui partiraient. » Deux points négatifs, et un troisième qui ressemble à un point positif : c’est bien peu pour Manuel Dias et ses collègues, qui sont décidés à ne pas bouger. Au menu de ce week-end pour eux : cafés, jus de fruits, barbecue, etc. Le stock de bois est conséquent, comme la motivation des troupes.
Les trois équipes, «  90 % du total des effectifs », vont se relayer tout le week-end pour maintenir le mouvement. Rendez-vous est fixé lundi matin, pour faire le point, et éventuellement passer «  à une étape supérieure. On réclame le maintien de tous les emplois. On est en redressement pour six mois. On demande donc que la direction cherche un repreneur durant cette période. C’est faisable », se répète le délégué syndical, en regardant avec émotion ces ouvriers échanger devant le site. «  On va leur proposer quoi à ces gens ? Beaucoup sont âgés, et ne retrouveront rien. C’est triste, quand on sait qu’on est passé pour le groupe de 45 millions d’euros de chiffre d’affaires à 22 millions en 18 mois. »
Plusieurs causes sont pointées du doigt : «  Les commerciaux n’ont pas su aller chercher les contrats ou renouveler les anciens, alors que c’était possible. On avait un marché avec la Sovab qui a ainsi été transféré à Limoges. Et après on nous parle de coûts de transports ? C’est de la gestion ça ? Et puis on a appris qu’ils avaient été capables de trouver des dizaines de moules à produire pour les usines de Roumanie et du Maroc. Tout ça est politique, et économique, à Villers comme ailleurs en France. »


L’hémorragie d’une zone

Au total, avec les problèmes de l’entreprise Sealynx et Faurecia, et ceux plus anciens d’Eurostamp et de FVM, «  on peut parler d’une hémorragie de plusieurs centaines de postes sur la zone. Mais qui s’en inquiète ? », se demande Manuel Dias. En fin de journée, le délégué a reçu un courrier de la direction nationale : «  Le fils de l’actionnaire principal sera là à 23h (hier soir). Ils nous a remis un courrier dans lequel il dit que notre grève pourrait entraîner "l’arrêt définitif et inévitable du site, car pas de client, pas d’avenir." Ils veulent sauver leurs fesses, mais moi, celles qui m’importent, ce sont celles du personnel. On est habitués au chantage, ça ne change rien pour nous. »

Sébastien Bonetti. (Républicain Lorrain 06.11.2010)
 
 
Vendredi 5 novembre 2010

 

Devant une situation économique catastrophique, l’entreprise MGM de Villers-la-Montagne prévoit de licencier 44 employés. Hier, les salariés ont entamé une grève illimitée.

 

 Hier, la plupart des salariés ont entamé une grève illimitée. Ils ont été rejoints par leurs collègues des autres entreprises de Villers-la-Montagne. Photo Etienne JAMINET (photo RL)

 

Ils s’appellent Christine, Mickaël, Martine, Rosanna, Sandrine ou Bernard. Dans quelques semaines, la moitié d’entre eux pointera au chômage. «  Nous sommes 95, ils en virent 44. C’est juste incroyable, déplore Manuel Dias, délégué CGT. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre en grève pour une durée indéterminée. » Dès 5 h, hier, les salariés se sont réunis devant leur entreprise MGM à Villers-la-Montagne, moitié incrédules, moitié en colère tandis que les responsables ont fait le déplacement jusqu’à Limoges (siège social de la société) pour un comité central d’entreprise. «  Faut avouer qu’on s’y attendait, précise Rosanna, employée depuis 14 ans comme opératrice de production. Cela fait deux ans que la situation se dégrade lentement. On peut parler d’une mort annoncée. En même temps, c’est l’enfer partout pour trouver du boulot. On va rester sur le carreau, on le sait. »

« Faut pas se leurrer »

Rachetée il y a deux, l’entreprise MGM France transforme des matières plastiques pour l’industrie automobile, l’électroménager et la bureautique. «  Les carnets de commandes sont vides. Et ce n’est pas récent, explique Manuel Dias. Du coup, depuis le 14 septembre, nous avons été placés en redressement judiciaire. Le début de la fin… »

Du côté de la direction, les déductions sont identiques. «  Nos comptes ont été bloqués, nous sommes dans l’obligation de présenter un chiffre d’affaires à l’équilibre à l’administrateur judiciaire, commente Bernard Biernaczyk, directeur du site de Villers-la-Montagne. Et c’est le même problème pour les sites de Rouvray (21) et Blanzy (71). Le plan de restructuration arrive dans ce cadre-là. » Sans connaître encore les termes de leur licenciement, ni le nombre exact de salariés concernés, chose qui devrait être fixée aujourd’hui, les employés s’inquiètent aussi pour l’avenir de l’entreprise. «  Faut pas se leurrer, on va tous y passer, ajoute Martine, agent de maintenance depuis 34 ans à MGM. Même après ces licenciements, la boîte ne sera pas viable. » Pour les salariés de Sealynx, Faurécia, Eurostamp, FVM technologies et maintenant MGM, entreprises situées à deux pas les unes des autres, l’addition de la crise est salée. «  On n’a plus rien à perdre, murmure Sandrine, mère célibataire. On ne se laissera pas faire. »

Emilie PERROT( Républicain Lorrain le 05.11.2010)



05/11/2010
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