La Mirabelle Rouge

Militer en Moselle contre la misère et pour le droit d'asile

Le Collectif mosellan de lutte contre la misère réagit à la situation des demandeurs d’asile hébergés en hôtels.

 

 

Près de 800 demandeurs d’asile seraient, depuis hier matin, dans les rues du département si une rallonge budgétaire de l’Etat (1 M€) n’avait pas été débloquée vendredi pour maintenir leur hébergement en hôtels (lire RL des 3 et 4 septembre). Denis Maciazek, militant du Collectif mosellan de lutte contre la misère, revient sur ce dispositif d’urgence et les alternatives proposées depuis plusieurs années.

 

Quel a été votre sentiment en apprenant que l’Etat n’avait plus de budget pour l’hébergement des demandeurs d’asile en chambres d’hôtel ?

 

Denis MACIAZEK : « C’est une nouvelle fois l’illustration du problème de fond qui n’est pas résolu. Alors, on trouve une rallonge budgétaire d’un million d’euros, notamment pour honorer les hôteliers impayés. Depuis la création du collectif, en 2002, on ne cesse d’expliquer que l’hébergement d’urgence dans le département n’est pas satisfaisant. En 2003, 2,5 M€ étaient consacrés au paiement des nuitées. Aujourd’hui, avec 870 personnes hébergées dans une trentaine d’hôtels du département, ce budget va doubler. C’est de l’argent public gâché. Il serait plus approprié de l’utiliser pour augmenter le nombre de Cada (Centres d’accueil des demandeurs d’asile), dont les places sont insuffisantes. Elles ne couvrent que 20 % des besoins. Cela doit être possible puisque l’Etat trouve des moyens pour construire deux bâtiments pour le centre de rétention de Metz., »

 

Depuis 2004, vous aviez déjà soumis des propositions pour éviter cet hébergement en hôtels ?

 

« Prenons l’exemple d’un hôtel messin qui héberge en ce moment 92 personnes (51 adultes et 41 enfants), réparties dans 40 chambres, sans possibilité de cuisiner. Faites le calcul à 40 € la nuit… Or, l’Etat a signé des textes pour l’accueil, l’hébergement et le suivi social de ces demandeurs d’asile. En 2004, nous avons demandé l’augmentation du nombre de places en Cada afin de réduire la dépense publique en matière d’hôtels. Le collectif a aussi proposé un accueil et des moyens régionalisés. Nous avons demandé que les collectivités travaillent en partenariat de façon à mettre sur la table les problèmes récurrents comme, par exemple, la sortie d’un Cada vers un logement du parc social. Il n’y a pas assez de logements sociaux, ni de places en Cada, donc on privilégie l’hôtel. »

 

L’an dernier, des tentes se sont déployées au Pontiffroy. Comment s’annonce l’hiver prochain ?

 

« C’est une solution extrême, inacceptable, qu’on espère ne pas voir se renouveler. Le droit au logement est un droit inaliénable que l’on soit français ou étranger. Notre collectif, qui n’a pas de subventions pour conserver sa libre parole, n’existe pas pour se substituer aux associations mais pour faire appliquer les lois votées. L’Etat doit aujourd’hui honorer sa signature sur le droit d’asile. Et les communes doivent répondre aux obligations du Code de l’action sociale. »

 

Recueilli par Cécile PERROT (RL 07.09.2010)



08/09/2010
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