La Mirabelle Rouge

Ministère illégitime et légitime colère !

La colère peut être  légitime !

Les mesures d'austérité de la contre-réforme des régimes de retraite déclinées le 16 juin par le ministre Eric Woerth vont sanctionner durement les salariés et ménager le capital et les hauts revenus. L'équilibre soi-disant trouvé est dans la supercherie des termes des efforts partagés mais nullement dans le contenu du plan dévoilé. Le numéro d'équilibriste n'est guère étonnant de la part d'un ministre bien plus en cour chez les milliardaires Bettencourt que dans le monde du travail dont  la seule connaissance qu'il en ait  réside dans le nom donné à  son ministère.
L' avenir et l'enjeu de la retraite par répartition n'a pas grand-chose à voir avec la comptabilité et l'arithmétique ministérielles puisque la seule question est de savoir si les formidables gains de productivité réalisés par l'activité du travail salarié doivent aller dans les poches du capital et des actionnaires où être réparti équitablement entre pouvoir d'achat, réduction du temps de travail, financement de la protection sociale et financement du temps non contraint de la retraite. C'est cette répartition qui devrait faire l'objet d'une discussion dans une société solidaire et démocratique, discussion éminemment politique.
Mais même si l'on se situe sur le terrain du raisonnement comptable cher au gouvernement et au patronat, on ne peut que constater l'entourloupe dont nous sommes une nouvelle fois l'objet avec les mesures Woerth. Le relèvement de l'âge de départ de 60 ans à 62 ans est évalué à 19 milliards d'euros à l'échéance 2018. La totalité des recettes dues à la taxation du capital et des hauts revenus atteint 3,7 milliards en 2011 et 4,6 milliards en 2020. Les salariés vont donc payer 5 fois plus que le capital. Voilà un équilibre bien arrangé en faveur des plus fortunés. Si l'on regarde dans le détail les petits arrangements des prélèvements concoctés entres amis, l'annonce tapageuse de la taxe sur les stocks-options est de l'ordre de 70 millions d'euros en 2011. C'est à peine  le montant d'un pourboire dans les salons de la bourgeoisie  lorsque l'on sait que la totalité des plus-values potentielles du seul patron de LVM, Bernard Arnault sur ses stocks-options est déjà de 100 millions d'euros. Les retraites-chapeau du CAC 40 seront aussi logées à la même enseigne du prélèvement symbolique  de 110 millions d'euros pour l'ensemble de la catégorie. Il n'y a donc pas  de quoi vanter l'équilibre des mesures comme le font tous les tartuffes qui se succèdent sur les chaînes de télé et sur les ondes pour vendre à l'opinion le projet de loi du gouvernement. D'après les informations publiées par Mediapart et récupérées dans les coulisses du pouvoir, il paraît que le gouvernement aurait souhaité initialement taxer davantage les produits financiers. Mais les banquiers et les assureurs auraient tiré la sonnette d'alarme et menacer de ne plus acheter de dette française si le gouvernement s'aventurait trop avant dans cette voie. Les agences  internationales  s'appliquent à noter le talent des réformes pour les spéculateurs. Elles ont toutes les garanties  d'être satisfaite avec Sarkozy et son gouvernement de plus en plus illégitime, mais à force de tirer sur la corde des acquis sociaux pour les casser, la colère, elle, pourrait devenir légitime.  
Jean-Luc L'HÔTE (22.06.2010)



03/07/2010
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