La Mirabelle Rouge

Mobilisation réussie des sidérurgistes en Europe

 Entre espoir et pessimisme, syndicalistes et salariés d’ArcelorMittal ont marqué un grand coup.   Hier, l’accès aux cinq portiers de Hayange, Serémange   et Florange a été bloqué.  Photo Philippe NEU

 

C’est une première réussie ! Jamais on a mobilisé au niveau européen. On ne peut pas accepter de voir sacrifier la sidérurgie européenne. Si nous n’avons pas de réponse de la direction, nous n’en resterons pas là ! »

LE FAIT DU JOUR

Philippe Verbecke, de la CGT des sites ArcelorMittal de Dunkerque, est l’unique représentant des sidérurgistes français à Londres. Hier matin, avec ses camarades de la FEM (Fédération européenne de la métallurgie), il a déposé, devant le siège londonien d’ArcelorMittal, les 581 casques de sidérurgistes belges dont les emplois vont disparaître avec l’arrêt de la filière liquide de Liège, décidé par le numéro un mondial de l’acier. Dans cette même ville, une manifestation a drainé plus de 40 000 personnes, selon les syndicats. Au Luxembourg, où des usines du groupe sont menacées de fermeture, le syndicat OGBL salue la mobilisation des sidérurgistes. « Nous avons 100 % de grévistes sur tous les sites d’Esch-Belval, Schifflange, Rodange et Differdange. Et nous avons eu d’importants rassemblements devant les usines avec la présence des bourgmestres des communes, des politiques, de la population qui a été très solidaire. Et il y avait une forte présence de salariés français qui sont majoritaires dans nos unités », se félicite Mil Lorang, de l’OGBL.

A Florange, où les deux hauts fourneaux ont été mis en sommeil jusqu’à une date indéfinie, les portiers des cinq sites de Patural, La Vallée, Sainte-Agathe, les Grands Bureaux et la gare d’Ebange étaient bloqués dès les postes du matin. Comme annoncé, « aucune bobine n’est sortie. Il y a eu plus de 90 % de grévistes. Pas une ligne de production n’a fonctionné », affirment les syndicats CFDT-CGT-FO (lire ci-dessous). Dans le même temps, Edouard Martin (CFDT), Yves Fabbri (CGT), Xavier Lecoq (CFE/CGC) ont animé une réunion d’information d’une heure chez ArcelorMittal Research, à Maizières-lès-Metz, devant près de 400 cadres inquiets, car sur le site de recherche, des coupes budgétaires et des gels d’embauches sont annoncés.

« Banque d’affaires »

Et ce ne sont pas les mots de Willie Smit, DRH du groupe qui a adressé un courriel hier matin à tous les salariés, qui vont les rassurer. « Nous devons nous concentrer sur nos usines les plus compétitives afin de satisfaire la plus faible demande des marchés. Une demande qui est à 75 % des niveaux d’avant crise. Les actions menées ce 7 décembre n’apportent rien dans l’environnement actuel. » Mais les sidérurgistes persistent et signent. Ils demandent la réouverture des sites temporairement fermés. « Il est logique qu’une entreprise cherche à faire des bénéfices. Mais ce que nous ne trouvons pas logique est qu’ArcelorMittal se comporte davantage comme une banque d’affaires que comme un producteur d’acier », affirme Bart Samyn, de la FEM. Il stigmatise un groupe qui perd des parts de marchés en maintenant des prix élevés pour conserver ses marges. Pour la suite, les syndicats « n’excluent rien. Hier, ce n’était pas un coup d’éclat. C’est une initiative déterminée pour défendre notre sidérurgie », explique Philippe Verbecke.

La famille Mittal n’était pas à Londres, hier, pour y recevoir la délégation de sidérurgistes. Lakshmi Mittal était, semble-t-il, en France pour y rencontrer le PDG de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin. Le constructeur automobile est un des clients du géant de l’acier.

Bernard Kratz (Républicain Lorrain le 8.12.2O11)



09/12/2011
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