La Mirabelle Rouge

Nadine Morano passe en force sur les crèches....

Les crèches priées de pousser les murs


Fotorouge

Malgré l'opposition de professionnels de la petite enfance, le gouvernement n'a pas infléchi sa position et adopté un décret qui assouplit les règles d'accueil dans les crèches, estimant primordial de répondre avec pragmatisme aux demandes des parents.

Dans un contexte général de pénurie de places, le texte tant controversé est paru mardi au journal officiel, permettant les inscriptions en surnombre dans les établissements.

«Des enfants peuvent être accueillis en surnombre certains jours de la semaine», indique le texte, autorisant une capacité d'accueil excédentaire de 20% pour les grandes structures, qui comprennent plus de 40 places. Le surnombre est limité à 15% pour les crèches de plus de 20 places et à 10% pour les établissements plus petits.

Le décret augmente en outre la proportion de personnels moins qualifiés au sein des crèches: le taux d'encadrement par des puéricultrices, éducateurs jeunes enfants, infirmiers ou encore psychomotriciens diplômés d'Etat passe ainsi de 50% à 40%.

Le gouvernement souhaite pouvoir recruter davantage de titulaires de CAP et de BEP Petite enfance ayant trois ans d'expérience.

«Dégradation de la qualité d'accueil»

Par ailleurs, le décret instaure enfin les «jardins d'éveil», une structure intermédiaire entre la crèche et l'école maternelle, testée jusqu'ici à titre expérimental.

La publication du décret traduit «un mépris à l'égard de notre mouvement qui demandait une véritable concertation», déplore auprès Corinne Chaillan, présidente de la fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants, membre du collectif «Pas de bébés à la consigne».

Ce dernier, fer de lance de la contestation, regroupe une cinquantaine de syndicats et d'associations et a déjà organisé quatre journées de grèves dénonçant «une dégradation de la qualité d'accueil du jeune enfant».
«Le décret aggrave même les choses par rapport à ce que l'on attendait, avec la pérennisation des jardins d'éveil», renchérit Christophe Harnois (Unsa), éducateur de jeunes enfants, membre du collectif.

«Optimiser»

«Sans aucun bilan sérieux sur l'expérimentation des jardins d'éveil on pérennise la structure, c'est accablant!», dénonce-t-il, ajoutant qu'il s'agit pour lui d'une attaque contre l'école maternelle.

De son côté, Nadine Morano, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, a toujours avancé qu'il s'agissait de répondre à la pénurie de places de garde pour les enfants et de personnels qualifiés notamment «en optimisant les places disponibles» ponctuellement dans les crèches.

Elle a expliqué que le taux d'occupation des crèches étant de 67% en moyenne, car certains jours des enfants ne viennent pas, elle souhaite «optimiser à 100% les places disponibles».

Les règles d'encadrement en vigueur dans les crèches sont de un adulte pour cinq bébés ou huit enfants qui marchent.

Plan d'urgence

Malgré la publication du décret, le collectif n'entend pas baisser les bras et compte interpeller les élus locaux pour leur demander de ne pas appliquer le décret, a expliqué Pierre Suesser, président du syndicat des médecins de services de protection maternelle et infantile (PMI), au nom du collectif.

Il demande «l'ouverture de négociations, la remise à plat de toute la politique d'accueil, un plan d'urgence avec 10.000 places créées par an contre 3.000 prévues par ce gouvernement qui organise la pénurie, puis ensuite la déqualification».

Environ 240.000 enfants de moins de trois ans sont accueillis en crèche, soit 10% de cette tranche d'âge, ce qui ne répond pas aux besoins des parents.

(source AFP)



09/06/2010
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