La Mirabelle Rouge

Petite chronique de racisme ordinaire .

Daniel, un copain conducteur de train au dépôt SNCF de Metz, m'a envoyé un témoignage sur le racisme ordinaire. Je le publie sans commentaire.
 
" Ce matin, j' étais sur le quai de Vaires attendant  mon RER pour Paris. Suite à des travaux en gare une sale odeur règne (une odeur d'égout).  Sur le quai, quatre policiers en uniformes. Arrive le train en provenance de Paris. 5/6 gamins en descendent mais voilà  tous sont noir.... Réflexion d' un policier : "vous avez senti, quand ils sont nombreux ça pue!" Les trois autres se tordent de rire et ils en rajoutent... Mais finalement ne font ils pas que suivre les délires de leur ministre de tutelle ????
Derrière ces 4 gros connards il y avait une affiche pour un film : "La Rafle" , ça ne s' invente malheureusement pas!
On y voit un policier Français embarquer deux enfants marqués de l' étoile jaune....  Comme quoi l'histoire........" 
 
 
 
RUE 89 (article publié sur le site RUE 89)
Note sur les Roumains : la SNCF rappelle ses contrôleurs à l'ordre
 
 
On nous signale la présence suspecte de trois petites Gitanes dans le train. Nous vous demandons de faire très attention à vos bagages. » Le 27 janvier, Delphine Placidi, passagère du Paris-Nice de 9h42, entend cette annonce passée au micro par un contrôleur SNCF. Le train est encore à quai, portes ouvertes.

Elle prend immédiatement l'annonce en note et, raconte-t-elle par mail à Rue89, interpelle un contrôleur qui traverse la rame sur « le caractère discriminatoire des propos tenus par l'un de ses collègues » :

« Je lui ai suggéré de n'évoquer que "la présence de pickpockets" lors des annonces de la SNCF. Il m'a initialement rétorqué que "c'est bien connu que les Gitans volent", puis que "les contrôleurs font des annonces bien pires en Italie", avant de reconnaître qu'effectivement, ces propos étaient peut-être déplacés et qu'il en parlerait à son collègue.

A ce moment, une voyageuse assise non loin de ma place a également fait part de son indignation au contrôleur. »

Le 21 février, de retour de son déplacement, la voyageuse, maître de conférence à l'IEP de Toulouse, envoie un mail à Guillaume Pépy, président de la SNCF.

Le cabinet du président, qui accuse réception du courriel, va
« vérifier » ces faits, mais d'ores-et-déjà, nous assure le service de presse national de la SNCF :

« La directrice des trains [qui est responsable de tous les contrôleurs de France, ndlr] va adresser dès demain, sans attendre cette vérification, un message à tous les contrôleurs de rappel des règles de déontologie, en vigueur dans l'entreprise. »

Un précédent récent : la note interne contre les Roumains

affichette

Le 27 janvier, les contrôleurs SNCF de Toulouse avaient reçu, dans leur casier, une note interne signée du responsable sûreté de la SNCF Midi-Pyrénées leur intimant d'informer Paris des « faits de roumains (sic) » :

« Ces dernières semaines des soucis ont été rencontrés avec des Roumains.

En effet de nombreux vols de bagages ont été constatés.

Nous vous demandons de redoubler de vigilance.

Par ailleurs tous les faits de roumains doivent être signalés au PCNS [PC national sûreté de la SNCF, ndlr]

19# ou 01 40 23 XX XX »

Contacté, le service de communication de la SNCF en Midi-Pyrénées plaide le cas isolé, exprimant les regrets de la direction régionale de la SNCF en Midi-Pyrénées, face à « l'expression malheureuse » d'un agent SNCF.

« Les contrôleurs n'ont pas envie de se faire traiter de fachos »

Laurent Saint-Supéry, contrôleur SNCF CGT Cheminots à Toulouse, veut lui aussi croire à la « dérive individuelle » d'une personne qui s'occupe depuis peu de la sûreté, sans pour autant dédouaner l'entreprise qui avait déjà été alertée à deux reprises :

« La responsabilité de l'entreprise est engagée parce que cette note a normalement été validée par la direction d'établissement, et parce qu'ils ont mis beaucoup de temps à réagir.

Dès le 3 février, la CGT Cheminots interpelle la direction d'établissement (sur le contenu de la note).

Elle l'interpelle une nouvelle fois lors du comité d'entreprise régional du 16 février. Là, la direction régionale demande à ce que l'affiche soit "supprimée". Mais le coup était déjà parti. »

Le syndicat demande de « rappeler aux responsables de sa parution les valeurs que doivent porter les agents d'une grande entreprise publique ».

Cette injonction, jusqu'ici restée lettre morte, était accompagnée de la menace de saisir la Ligue des droits de l'homme .

A l'instar de la CGT, Sud-Rail accuse, dans une lettre adressée à Guillaume Pépy et au président du conseil régional Midi-Pyrénées, Martin Malvy, « un contexte général où la xénophobie et la stigmatisation des immigrés deviennent chaque jour plus insupportables […]. »

Pour le secrétaire fédéral Frédéric Bodin, « les contrôleurs n'ont pas envie de se faire traiter de fachos », puisqu'ils ont refusé d'appliquer des consignes venues d'en haut :

« Grosso modo, cette note (demandant de signaler les Roumains) est un copier-coller d'un mail qui circulait en interne et qui vient de Paris. »

« Recrudescence des vols »

C'était le véritable objet de la note, selon la SNCF. Citée le 25 février par l'Humanité, l'entreprise souligne dans un communiqué que « la note avait pour objectif d'attirer la vigilance des contrôleurs sur la recrudescence des vols ».

Contacté, le service presse national de la SNCF a refusé de communiquer sur l'augmentation du nombre de vols, considérant que les estimations de la société ne sont pas publiques.

« Face aux suppressions d'effectifs dans les gares et dans les trains, la direction demande à ses agents de se transformer en délateurs », oppose Sud-Rail dans un communiqué. (Télécharger le communiqué de SUD-Rail).

Guy Lalande, contrôleur Sud-Rail à Toulouse, précise l'accusation du syndicat :

« Cette note serait le résultat d'une campagne de la sûreté SNCF, au niveau du réseau national, qui demande de faire remonter les informations sur les désagréments rencontrés, dans le Sud, avec des bandes organisées de personnes qui mendient et rackettent.

Sur l'affiche, il y a le numéro du PC national parce que l'objectif est que les contrôleurs préviennent Paris pour alimenter une base de données et que la SNCF sache où intervenir précisément. »

Le service de presse national de la SNCF a refusé de commenter la lettre de Sud-Rail, adressée à son président,Guillaume Pépy.



27/02/2010
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