La Mirabelle Rouge

Que faire après le 23 mars ?

 
 
Selon les syndicats, au moins 600 000 personnes ont défilé dans les rues françaises le 23 mars 2010 pour peser sur la politique économique et sociale du gouvernement.
 
Selon les syndicats, de 600 000 à 800 000 personnes ont défilé dans les rues  le 23 mars 2010 pour peser sur la politique économique et sociale du gouvernement.
 
 

Nous étions environ 2000 à 3000 personnes à la manifestation de Metz ainsi qu'environ 5000 à  Nancy.  En Lorraine, il y avait également d'autres manifestations à Briey et Longwy ou encore dans les Vosges et dans la Meuse à Bar Le Duc.
Il est  coutume de constater des différences importantes entre le nombre de manifestants annoncé par la police et celui annoncé par les syndicats. Les chiffres s'établissent souvent du simple au double. Cette pratique quasi ancestrale est l'objet de plaisanteries, mais le mouvement ouvrier aurait bien tort de la perpétuer. En effet, le gonflement artificiel des participants n'aboutit qu'à se tromper soi-même, ce qui n'est pas la meilleure façon d'engager la lutte contre un adversaire de classe qui sait aussi apprécier la réalité du rapport de force. En toutes circonstances, seule la vérité est révolutionnaire. Il vaut mieux admettre celle-ci avec lucidité que de se masquer les difficultés à surmonter pour  gagner sur les revendications.
Les chiffres  pour la manifestation de Metz, sont une évaluation personnelle. C'est pas mal, mais ce n'est pas la déferlante qui serait nécessaire pour parler d'un véritable troisième tour social. Pour empêcher la mise en oeuvre de la nouvelle contre réforme des retraites en préparation, il faudra mettre le paquet. Ce ne sera  pas en multipliant les petits tours de chauffe printaniers  à l'avant veille des rendez-vous à l'Elysée qui fera reculer le gouvernement. Créer le rapport de force dans les entreprises et sur le terrain social avant l'été, c'est l'enjeu des prochaines semaines pour le mouvement syndical si nous voulons réussir à carboniser la contre réforme des retraites et imposer nos solutions pour l'avenir.
Comment faire ?  Pourquoi ne pas se rappeler ce qui s'était passé lors du referendum sur la constitution européenne en 2005. L'affaire semblait jouée d'avance pour les tenants du Oui. Pourtant, avec la mise en place de collectifs unitaires, des forces significatives du mouvement ouvrier ont contribué à inverser la donne. Une campagne de masse a été menée à gauche pour le Non, et nous avons alors gagné la légitimité pour le  monde du travail en   obtenant  une victoire importante contre les tenants des politiques libérales en Europe. Certes, cette légitimité n'a pas  été respectée, mais la méthode des collectifs unitaires pourrait s'appliquer aujourd'hui pour créer les conditions d'une bataille victorieuse sur les retraites. Les circonstances actuelles de la crise mènent beaucoup de monde au fatalisme. Mais cette tendance pourrait  aussi être contre carrée par une  volonté collective à faire naître l'âpre sentiment de ne point tolérer plus longtemps l'injuste répartition  des richesses que nous produisons.
Je ne sais pas si l'on pourra gagner, mais au moins, il faut essayer.
 
Jean-Luc


07/04/2010
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