La Mirabelle Rouge

Total: chronique de la lutte pour l'emploi

 
Total annonce la fermeture de la raffinerie  de  Dunkerque

Total tenait un comité central d'entreprise (CCE)  extraordinaire lundi 8 mars sur l'avenir de la raffinerie des Flandres, à l'arrêt depuis septembre et dont les employés sont en grève depuis le 12 janvier.

Fin janvier, on avait appris de source industrielle que le projet de construction d'un terminal méthanier était à l'étude afin d'atténuer les conséquences pour l'emploi de la fermeture éventuelle de la raffinerie de Total, qui avait provoqué un mouvement de grève dans les autres raffineries du groupe.

Quelque 200 salariés ont manifesté lundi devant le siège de la division raffinage de Total à La Défense, où la direction a présenté ses plans aux syndicats.

Ils ont tenté de pénétrer à l'intérieur du siège mais en ont été empêchés par les forces de l'ordre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Des vitres ont été brisées.

"Le projet prévoit l'arrêt de l'activité de raffinage au sein de l'établissement des Flandres, conduisant à un démontage progressif des unités qui pourrait durer jusqu'en 2013", peut-on lire dans un communiqué publié en marge de ce CCE.

PAS DE LICENCIEMENT, DIT TOTAL

"Le projet ne prévoit aucun licenciement, tous les salariés de Dunkerque ont un avenir chez Total et ils décideront chacun de leur avenir individuel sur la base du volontariat", a expliqué à la presse Michel Bénézit, directeur général du raffinage marketing de Total.

Un centre d'assistance technique, un centre de formation aux métiers techniques du raffinage et la transformation des capacités de stockage de la raffinerie en dépôt logistique sont prévus sur le site de Dunkerque.

Sur les 370 salariés affectés par la fermeture de la raffinerie due, selon Total, à l'effondrement de la consommation des produits pétroliers en France, en Europe et aux Etats-Unis, 240 personnes pourront continuer à travailler à Dunkerque, en plus des 50 postes de travail créés par le terminal méthanier.

Le groupe pétrolier s'engage en outre à garantir 110 postes de travail dans les autres raffineries du groupe et le reste des salariés bénéficieront d'une fin de carrière anticipée.

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a estimé dans un communiqué que la participation de Total au projet de terminal d'EDF constituait "une première réponse pour le maintien de l'emploi et de l'activité industrielle sur le site de Dunkerque".

Il a ajouté qu'il serait "très attentif à ce que cette première réponse soit complétée à travers un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités permettant le maintien de l'emploi et du site".

Mais pour Charles Foulard, coordinateur de la CGT chez Total, "le compte n'y est pas".

"Il est clair que le projet de la direction est une véritable provocation. C'est inacceptable et nous mettons le gouvernement devant ses responsabilités. Le projet industriel n'est pas au rendez-vous", a-t-il dit en marge du CCE.

UNE NOUVELLE GRÈVE ?

Il a appelé à une réunion de l'intersyndicale mercredi pour décider d'une résolution et d'une éventuelle reprise de la grève dans les autres raffineries du groupe.

"Nous n'avons pas arrêté la grève, nous l'avons suspendue de manière tactique", a-t-il ajouté. "Le gouvernement et le groupe Total ont pris des engagements devant 64 millions de Français et maintenant ils doivent être comptables devant les salariés."

Selon l'accord dévoilé lundi, Total réservera une capacité de regazéification dans le projet de terminal méthanier de Dunkerque développé par une filiale à 100% d'EDF et prendra une participation au capital de cette société.

"Avec une capacité annuelle de regazéification comprise entre 10 et 13 milliards de mètres cubes par an, le terminal développé par Dunkerque LNG représenterait plus de 20% de la demande gazière française", ont souligné les deux groupes dans un communiqué commun, précisant que la décision d'engagement de la construction du terminal serait prise "avant l'été 2010 pour une mise en service en 2014".

"Le projet mobiliserait jusqu'à 1.200 personnes pendant la construction. En phase d'exploitation, le terminal créerait au moins une cinquantaine d'emplois directs, auxquels devraient s'ajouter quelque 150 emplois indirects."

Agence P (08.03.2010)

 
 
 

05/03/2010

Total-Dunkerque, 500.000 tonnes de pétrole bloquées

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Des salariés de la raffinerie Total de Dunkerque, menacée de fermeture, ont bloqué vendredi des cuves contenant 500.000 tonnes de pétrole brut. A trois jours d'une réunion qui doit décider de leur avenir, ils ont démonté des mécanismes de pompage. Sous les applaudissements des grévistes. Plusieurs dizaines d'employés du site des Flandres, à l'arrêt depuis septembre, se sont rendus à l'aube sur la zone de stockage de pétrole brut. Ils ont démonté des composants électroniques indispensables au fonctionnement des pompes qui servent à extraire le contenu des cuves.
Les pompes servent à acheminer via un pipeline de 8km les hydrocarbures à la raffinerie. Les salariés affirment avoir appris que la direction de Total envisageait de faire en sorte que le pétrole puisse être chargé sur des navires à destination d'autres raffineries.
Des salariés cagoulés sont sortis du site en portant les composants de la taille de petites valises, sous les applaudissements des grévistes, avant de les charger sur des remorques.
"On veut raffiner. On ne veut pas que ce (pétrole) brut s'en aille d'ici",
a déclaré Philippe Wullens, délégué syndical Sud (majoritaire sur le site), en évoquant un "trésor de guerre".
Des propositions pour l'avenir de la raffinerie des Flandres doivent être annoncées lundi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) à Paris. La direction envisage une fermeture définitive du site qui emploie 380 salariés, plus 400 personnes chez les sous-traitants.
Les menaces de fermeture avaient entraîné fin février l'ensemble des raffineries françaises du groupe dans un mouvement de grève de plusieurs jours. Les syndicats y ont mis fin après les garanties apportées par Total sur l'avenir de l'activité de raffinage en France.

(Source AFP)

Libération  24/02/2010

Total: seule la raffinerie de Dunkerque reste en grève

 

Vote des salariés de la raffinerie de Mede le 23 février 2010.

Vote des salariés de la raffinerie de Mede le 23 février 2010. (© AFP Michel Gangne)

 

Les salariés de Total, en grève depuis huit jours, ont voté mercredi la reprise du travail dans toutes les raffineries, sauf à Dunkerque, où la grève se poursuivra jusqu'au 8 mars, date d'un comité d'entreprise crucial pour l'avenir du site nordiste.

Les délégués ont insisté sur le fait que le vote portait «sur une suspension de la grève et non une fin de grève» et que le mouvement pourrait être relancé en fonction du contenu de ce comité central d'entreprise consacré au devenir de la raffinerie des Flandres à l'arrêt depuis septembre.

Les salariés des raffineries de La Mède (Bouche-du-Rhône), Feyzin (Rhône), Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime) et Grandpuits (Seine-et-Marne) ont tous voté la reprise du travail.

«Nous avons appris que les autres sites reprenaient alors nous avons préféré faire le même choix car nous avons toujours dit: on démarre ensemble et on reprend ensemble», a commenté le secrétaire CGT du comité central d'entreprise (CCE), Christian Votte, sur le site de Gonfreville. Cette décision a été prise à l'issue d'une assemblée générale confuse qui réunissait une partie du personnel de l'après-midi et celui de journée.

Un premier vote avait donné une majorité pour la reprise du travail par 160 voix contre 115, mais ce résultat a été contesté en raison de la présence d'une forte proportion de non-grévistes parmi les votants.

A Feyzin, certains salariés ont aussi fait part de leur amertume. «On s'arrête sur des promesses faites par des menteurs», s'est inquiété l'un d'entre eux pendant l'assemblée générale.

A l'issue d'une journée de négociations au siège de Total, la plupart des syndicats avaient appelé mardi à cesser la grève dans les raffineries, à l'arrêt depuis une semaine, jugeant «significatives» les garanties obtenues.

Les craintes d'une pénurie de carburants, au septième jour de grève dans les six raffineries de Total, ont pesé lourdement sur les négociations, et ont conduit l'Elysée à prendre directement le dossier en main.

L'avenir de Dunkerque encore incertain

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a averti le groupe pétrolier que la raffinerie de Dunkerque devrait rouvrir s'il n'y avait pas «un vrai projet de substitution». Il a reproché à la direction du groupe pétrolier d'avoir laissé «courir une rumeur» concernant Dunkerque.

Au niveau national, le groupe pétrolier s'engage à ne procéder à aucune fermeture de raffinerie, en dehors, de celle, éventuelle, de Dunkerque : «Au-delà du projet d'évolution de l'établissement des Flandres, il n'y aura ni fermeture, ni cession de ses raffineries françaises au cours des cinq prochaines années», a-t-il précisé dans un communiqué.

Total s'engage à «assurer au sein du groupe la pérennité de l'établissement des Flandres», mais pas nécessairement avec une activité de raffinage, à participer d'ici fin mars à une table ronde sur le bassin dunkerquois et à garantir un emploi chez Total aux salariés.

La question des capacités n'est pas évoquée dans le communiqué du groupe, qui précise vouloir maintenir «un outil de raffinage adapté, moderne et compétitif».

De l'avenir du raffinage

La table ronde sur le raffinage pétrolier exigée par les syndicats, annoncée mardi par le gouvernement, va être organisée «aux alentours du 15 avril», a indiqué le ministre de l'Ecologie et de l'Energie Jean-Louis Borloo, mercredi sur France 2. «Le fond de cette affaire, (...), c'est qu'il y a en matière de raffinage – pas seulement en France – un certain nombre d'interrogations, et que les salariés de Total – mais pas seulement de Total, d'Exxon, enfin de l'ensemble des producteurs, distributeurs et raffineurs –  veulent y voir clair sur l'avenir de cet outil industriel», a souligné Jean-Louis Borloo.

La CGT d'ExxonMobil, qui appelait aussi à la grève à partir de mardi après-midi dans les deux raffineries françaises du groupe, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Port-Jérôme (Seine-Maritime), a finalement renoncé.

En attendant, les ruptures d'approvisionnement se sont poursuivies, touchant dans la journée quelque 250 stations-service du réseau Elf et Total. Des automobilistes se sont encore précipités dans des stations-service par précaution.

Avant cet accord, Nicolas Sarkozy avait reçu mardi le directeur général de Total, Christophe de Margerie, après Thierry Desmarest, président du conseil d'administration, lundi.

Selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, le chef de l'Etat a demandé à l'industriel des engagements sur «la non fermeture de capacités de raffinage pour les années qui viennent».

Alors que Total met en avant des surcapacités de raffinage face à une consommation en baisse, les syndicats redoutent un désengagement progressif du groupe en France.

En mars, le groupe pétrolier avait annoncé la suppression de 268 emplois, sans licenciement, à la raffinerie de Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime) et la réduction du volume produit sur ce site.

Début février, l'Ufip a estimé que 10 à 15% des 114 raffineries européennes devrait fermer. En 10 ans, la demande de produits pétroliers a baissé de 8,9% en France.

Selon des chiffres fournis par Total, la France importe environ 10 millions de tonnes de gazole, mais doit exporter quelque 5 millions de tonnes d'essence excédentaires.

(Source AFP)



24/02/2010
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