La Mirabelle Rouge

Total : la direction en pénurie de propositions

La grève se durcit chez Total

Les négociations direction-syndicats au siège du groupe à La Défense ont été rompues dimanche en début de soirée.

Des représentants de la CGT, le 21 février 2010 à La Défense.

Des représentants de la CGT, le 21 février 2010 à La Défense. (© AFP Fred Dufour)

La grève illimitée dans les raffineries de Total, qui peut entraîner une pénurie d'essence si elle se prolonge, va se poursuivre lundi et risque de se durcir, malgré les tentatives de la direction et du gouvernement de rassurer les salariés.

Des négociations direction-syndicats au siège du groupe à La Défense ont été rompues dimanche en début de soirée.

De son côté, le PDG de Total Christophe de Margerie, reçu par le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, a promis de compenser la très probable fermeture de la raffinerie de Dunkerque (370 salariés, et 400 à 450 chez les sous-traitants), à l'origine du conflit, en maintenant une activité industrielle sur le site.

Mais, a déclaré Charles Foulard (CGT), «contrairement aux propos de M. Estrosi et de M. de Margerie, la direction en est resté aux simples annonces d'intention de participation à une table ronde sur Dunkerque et à une table ronde nationale (sur le raffinage pétrolier en général, ndlr) sans aucune garantie. Nous allons appeler les salariés à durcir le mouvement. Des assemblées générales sont prévues à partir de lundi dans tout le groupe».

«La grève continue, elle sera votée lundi sur tous les sites», a affirmé Philippe Wullens (Sud).

Une telle prolongation du conflit risque d'entraîner une pénurie d'essence, les stocks de carburant représentant entre 10 et 20 jours de consommation. La direction, qui doit faire le point sur le sujet lundi, a assuré que ce n'avait pas été le cas ce week-end, durant le chassé-croisé sur les routes des vacanciers.

Mais des automobilistes ont pris leurs précautions pour, selon l'expression de l'un d'entre eux, «ne pas tomber en rade à cause de la grève», provoquant parfois l'assèchement de certaines pompes, comme à Rennes, Toulouse, ou en Loire-Atlantique, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Après avoir reçu M. de Margerie, M. Estrosi a indiqué que «Total s'engage à tout faire pour maintenir une activité industrielle permettant au port de Dunkerque et à leur sous-traitants actuels de conserver leur niveau d'activité et d'emploi».

«Quel que soit le projet retenu, il n'y aura pas de fermeture du site industriel», a-t-il ajouté, sans se prononcer sur le sort de l'activité de raffinage.

Lors des discussions avec les syndicats, la direction, selon la CGT, «n'a pas caché que la raffinerie de Dunkerque ne raffinera plus de pétrole brut», ce que le syndicat a jugé «inacceptable».

La décision de fermer Dunkerque n'a pas encore été annoncée officiellement et Total doit préciser le 29 mars ses décisions.

Le DRH du groupe, François Viaud, a répété dimanche qu'il n'y aurait «aucun licenciement» et a confirmé organiser ou demander une série de tables rondes, au niveau local, du groupe et au plan national, sur l'avenir du bassin de Dunkerque et du raffinage pétrolier.

Aucune autre raffinerie du groupe n'est menacée de fermeture, a confirmé M. de Margerie à M. Estrosi.

Après ceux de Dunkerque, depuis un mois, les salariés des cinq autres raffineries Total --Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Grandpuits (Seine-Maritime), Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône)-- sont en grève depuis mercredi à l'appel de la CGT, Sud, la CFDT et FO.

Total assure environ la moitié de l'approvisionnement des stations-services françaises.

Mais la CGT d'Exxonmobil a appelé vendredi les salariés des deux raffineries du groupe, à Port-Jérôme-Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), à faire grève eux aussi à partir de mardi.

(Source AFP)



22/02/2010
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